Comme prévu, la moitié des dirigeants du futur ensemble vient d'Aventis. Mais l'essentiel des postes clefs est confié à des anciens de Sanofi, comme Gérard Le Fur à la recherche et Jean-Claude Leroy aux finances.
Jean-François Dehecq, le PDG de Sanofi-Synthélabo, avait annoncé d'emblée la couleur en lançant son OPA hostile sur Aventis : « Dans une fusion trop amiable, on discute, personne ne commande vraiment, et c'est très dur à jouer. » L'organigramme du futur ensemble dévoilé hier montre que, même si le rapprochement a fini par devenir « amical », l'écueil de la dilution des responsabilités a été évité. Comme ils s'y étaient engagés, les dirigeants de Sanofi-Synthélabo ont, certes, laissé à des ex-Aventis la moitié des 20 principaux postes du nouveau groupe. Cependant, les fonctions clefs reviennent presque toutes à des anciens de Sanofi, et les hommes forts d'Aventis sont pour la plupart écartés. On sait qui commande.
Ainsi, c'est sans surprise le patron de la recherche de Sanofi-Synthélabo, Gérard Le Fur, qui garde cette casquette dans le groupe élargi, et en devient numéro deux, avec le titre de directeur général délégué.
Ce sont aussi des fidèles de Jean-François Dehecq qui seront en charge des décisives opérations pharmaceutiques (Hanspeter Spek), des ressources humaines (Jean-Claude Armbruster), de la communication (Nicole Cranois), des finances (Jean-Claude Leroy) et des activités industrielles (Gilles Lhernould). L'actuelle directrice financière, Marie-Hélène Laimay, se voit, elle, confier l'audit et l'évaluation du contrôle interne, un poste rattaché au PDG.
Clôture de l'OPA reportée
Sur les dix dirigeants issus d'Aventis (dont trois allemands), six prennent la responsabilité de zones géographiques, sous la direction de Hanspeter Spek, un ex-Sanofi. A noter : les deux principaux marchés, la France et les Etats-Unis, restent gérés par des ex-Sanofi. Les quatre autres anciens d'Aventis seront chargés du « business development » (Thomas Hofstätter), des questions juridiques (Dirk Oldenburg), des affaires générales (Philippe Peyre) et des vaccins (David Williams), un domaine dont Sanofi était absent. Au final, cinq des sept membres actuels du directoire d'Aventis ne se retrouvent pas dans le futur organigramme. C'est notamment le cas de Richard Markham (ancien patron de la pharmacie de Hoechst), du directeur financier Patrick Langlois, qui a décidé de partir, faute d'avoir obtenu un poste équivalent, et de Thierry Soursac, qui fut un temps l'étoile montante de Rhône-Poulenc, puis d'Aventis. A l'inverse, dix des quatorze principaux responsables de Sanofi restent membres de la direction.
L'AMF a par ailleurs annoncé hier que la clôture de l'OPA était reporté du 30 juin au 30 juillet en raison des délais d'instruction du dossier par les autorités de la concurrence américaine.
D. C.