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27/01/04 : le d'Artagnan de la pharmacie française
Ayant, en trente ans, fait de Sanofi-Synthélabo le deuxième laboratoire français, ce fidèle chiraquien veut achever son oeuvre en le hissant parmi les tout premiers mondiaux du secteur.
Tous pour un et un pour tous. Telle pourrait être la devise de Jean-François Dehecq, le d'Artagnan de la pharmacie française. Ce n'est pas à soixante-quatre ans tout juste que le PDG de Sanofi-Synthélabo va fait mentir sa réputation d'inépuisable bretteur, prêt à en découdre tête baissée.
Il fallait le voir hier, en grande forme pour le lancement de son raid sur Aventis, motiver son entourage comme une équipe de rugby avant une mêlée décisive. Du rugbyman, l'homme en a la carrure et la toise : 1,97 mètre. « La taille du Général », préfère rappeler ce chiraquien de la première heure, invité régulier des dîners et voyages présidentiels, qui peut compter sur le soutien indéfectible de l'Elysée.
Peu enclin aux mondanités, réputé pour son franc-parler, cet ancien professeur de mathématiques, devenu ingénieur en suivant les cours du soir des Arts et Métiers, détonne dans le monde feutré de l'industrie pharmaceutique, où il est entré, il y a trente et un ans, par la petite porte. Avec René Sautier, un homme d'Elf qui devient très vite son père spirituel, l'ancien cadre de l'usine de Lacq, crée, en 1973, Sanofi, un nom qu'ils inventent de toute pièce.
La nouvelle structure devient un pôle de regroupement pour les laboratoires français. En trente ans, Jean-François Dehecq monte un fantastique Meccano de plus de 300 acquisitions. Un agrégat de PME dont son charisme fait un véritable groupe avec sa propre culture _ qualifiée de « Dehecq-centrique » par la société de Bourse Exane _, mélange étonnant de dialogue social et de paternalisme. Le patron fonctionne à l'affectif, avec une garde rapprochée de fidèles, et est connu aussi bien pour ses colères homériques que pour sa capacité à mobiliser ses équipes.
«
Je n'ai pas peur de grand-chose », répétait-il hier encore. On veut bien le croire.
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