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17/02/04 : face à Aventis, Sanofi-Synthélabo joue la carte de la recherche
A l'occasion de la publication de résultats pour 2003 meilleurs que prévu, Sanofi-Synthélabo a dévoilé hier les derniers fruits de sa recherche, et promis des ventes record pour ses produits actuels. Objectif : séduire les actionnaires d'Aventis alors que l'OPA-OPE hostile du deuxième laboratoire français démarre aujourd'hui.
L'action Sanofi-Synthélabo ? C'est du « très beau papier ». En apportant leurs titres à l'offre publique d'achat et d'échange (OPA-OPE) hostile qui démarre aujourd'hui, les actionnaires d'Aventis ne seront donc pas payés en monnaie de singe, au contraire. Tel est en tout cas le message qu'a essayé de leur envoyer hier Jean-François Dehecq, le PDG de Sanofi-Synthélabo.
Dans l'immédiat, le marché est resté de marbre. L'action Sanofi-Synthélabo a même fini la journée en légère baisse de 0,09 %, tandis que le titre Aventis montait, de son côté, de 1,22 %. Mais Jean-François Dehecq se donne un peu de temps pour convaincre la Bourse du bien-fondé de son offre, jugée peu généreuse par la majorité des investisseurs et rejetée par la direction d'Aventis. «
Dans les jours à venir, le marché aura tous les éléments pour juger », disséquer les résultats que viennent de publier les deux groupes, «
et on va voir », a-t-il déclaré.
A l'appui de cet optimisme, trois arguments clefs. D'abord, les résultats obtenus en 2003. L'an dernier, Sanofi-Synthélabo a engrangé un bénéfice net en hausse de 18 %, à 2,1 milliards d'euros, soit un peu plus que les 2 milliards attendus en moyenne par les analystes. Le groupe se félicite en particulier d'avoir obtenu une croissance de son activité de 16 % à taux de change constant, grâce notamment à l'essor réalisé aux Etats-Unis (+ 33 %). «
C'est l'une des meilleures performances de la profession, et même la meilleure aux Etats-Unis », soulignent les dirigeants. Chez Aventis, le chiffre d'affaires des «
activités stratégiques », c'est-à-dire celles destinées à rester dans le groupe, n'a augmenté dans le même temps que de 5,9 %, toujours hors variations monétaires.
Deuxième argument majeur : l'année 2004 s'annonce bien. Comme Aventis, Sanofi-Synthélabo table sur une augmentation de 15 % de son bénéfice net par action, avant éléments exceptionnels et amortissement des écarts d'acquisition. Cette hausse marquerait cependant un ralentissement par rapport à 2003, année où le bénéfice équivalent a crû de 21,5 %, et même de 35,5 % à taux de change constant. Signe de confiance, le conseil de surveillance réuni vendredi a proposé de verser en juin un dividende de 1,02 euro par action, en hausse de 21,5 %.
6 milliards pour le Plavix
Mais c'est surtout sur les perspectives spécialement favorables à moyen terme que les hommes de Sanofi-Synthélabo ont insisté hier. Avec des chiffres impressionnants. Le Plavix, ce médicament cardio-vasculaire dont les brevets doivent faire l'objet d'un procès à risque en fin d'année ? Loin de décliner sous le coup de la concurrence des génériques, ses ventes devraient presque doubler en trois ans, pour atteindre 6 milliards d'euros en 2006, promet Jean-François Dehecq. Une estimation supérieure aux prévisions des analystes. Même chose pour l'Aprovel ou encore le Stilnox, le somnifère vedette du groupe, dont le chiffre d'affaires dépasserait 2 milliards d'euros en 2006. Au total, qu'elles soient effectuées par Sanofi-Synthélabo ou ses associés, les ventes des 5 produits les plus prometteurs passeraient de 6,9 milliards à 12 milliards d'euros en trois ans.
A cela s'ajoutent les futurs fruits de la recherche. Ces six derniers mois, le groupe a certes stoppé le développement de 4 molécules, dont les effets secondaires étaient jugés trop forts. Mais, en sens inverse, il a obtenu des résultats positifs pour 5 des 6 études cliniques finales lancées avant d'homologuer de nouveaux produits. «
Je ne suis pas sûr que beaucoup de groupes puissent en dire autant », s'est réjoui hier Gérard Le Fur, le patron des affaires scientifiques. Hier, Sanofi-Synthélabo a particulièrement mis l'accent sur le rimonabant, une molécule trois-en-un qui pourrait aider à arrêter de fumer, à lutter contre l'obésité et à éviter certains problèmes cardio-vasculaires. Son développement sera achevé cette année, pour une demande de mise sur le marché au deuxième trimestre de 2005. Ses ventes pourraient dépasser à terme le milliard de dollars. Gérard Le Fur a aussi confirmé que le groupe allait demander d'ici à l'été l'homologation de la nouvelle version du Stilnox. Elle devrait permettre aux utilisateurs de dormir plus longtemps... et à Sanofi-Synthélabo de bénéficier d'un nouveau brevet, alors que son somnifère actuel tombera dans le domaine public en octobre 2006.
DENIS COSNARD
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