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Current entry 161.  Le laser pour anticiper le dépistage du glaucome
Deux technologies concurrentes, utilisant le laser, permettent l'analyse de la structure de la rétine...23/02/07


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Résumé

Si Zeiss et Heidelberg emploient deux technologies différentes, les objectifs sont les mêmes : dépister le glaucome avant l'apparition des premiers symptômes, mais aussi éviter de traiter préventivement des personnes qui présentent une prédisposition mais ne sont pas malades.

Le glaucome est une maladie de l'oeil qui se traduit par une atteinte irréversible du nerf optique et une perte progressive du champ visuel, le patient pouvant, à terme, devenir aveugle. Une pression intraoculaire élevée est un facteur de risque important, mais ne suffit pas pour autant à prédire avec certitude la présence de la maladie. Des technologies récentes permettent d'améliorer considérablement la prise en charge des patients en permettant un dépistage avant l'apparition des symptômes. Or, la précocité du diagnostic est essentielle. Les premières gènes visuelles ne surviennent en effet qu'environ dix ans après le début de la maladie, lorsque la moitié des fibres optiques sont atteintes. Or, à ce stade, il devient presque impossible d'en enrayer l'évolution.

L'examen du champ visuel, ou périmétrie, permet seul ce diagnostic précoce. Les techniques de Goldman ou de Friedman, basées sur les déclarations du patient (qui dit s'il voit ou non un point lumineux qui se déplace dans son champ visuel) permettaient une analyse fonctionnelle de la vision d'une fiabilité relative. La banalisation des techniques plus récentes de périmétrie automatisée a permis de gagner en fiabilité, puisque celles-ci permettent une analyse structurelle de la vision sur la base de données objectives.

 

Tomographie ou polarimétrie

Deux technologies sont utilisées. La société allemande Heidelberg a développé un appareil, baptisé HRT, qui repose sur une technologie tomographique à laser confocal. Quant à la branche médicale du spécialiste allemand de l'optique Zeiss, elle a mis au point le GDX, qui exploite la polarimétrie à balayage laser, une technologie qui trouve son origine au Massachusetts Institute of Technology (MIT).

La tomographie à laser confocal permet d'acquérir une série d'images, à différentes profondeurs, le long de l'axe du nerf optique. Cela aboutit à l'équivalent optique d'un scanner du fond d'oeil. A partir de ces images, il est possible de reconstituer une vue en trois dimensions de la papille, axe optique de l'oeil où prend naissance le nerf optique, et de la comparer à des images d'oeil sain.

La polarimétrie à balayage laser mesure quant à elle le décalage de phase de la lumière qui traverse l'oeil. Ce décalage est déterminé par la densité de la couche de fibres nerveuses rétiniennes et par leur épaisseur. « Ces mesures, réalisées pour chaque oeil, sont représentées sous forme d'un graphique en couleurs où les teintes chaudes (jaune, rouge) correspondent à des épaisseurs importantes et les couleurs froides (vert, bleu foncé) à des couches minces », explique Pascal Rétif, directeur marketing de Carl Zeiss Meditec. On compare ensuite ces mesures à une base de données normatives, multiethniques et multiâges, ce qui permet à l'ophtalmologiste de diagnostiquer et de localiser d'éventuelles atteintes des fibres optiques.

 

Eviter les traitements inutiles

Par crainte de laisser un glaucome s'installer, beaucoup de personnes présentant une forte tension oculaire, des antécédents familiaux ou d'autres facteurs de risque sont traitées préventivement, sans qu'on sache vraiment si elles sont atteintes. Or, traiter inutilement est coûteux. De plus, la prise d'un traitement chronique est lourde et peut entraîner des effets secondaires. Carine Panigel, ophtalmologiste à Paris, rapporte ainsi comment un patient de soixante-six ans, venu la consulter pour la première fois en 2003, s'est avéré, après examen avec le GDX de Zeiss, exempt de tout glaucome en dépit d'une tension oculaire élevée. « Il était traité depuis 1995 avec des bêtabloquants et se plaignait de problèmes de libido, un effet secondaire fréquement associé à ces médicaments , explique le médecin. On a pu arrêter son traitement, mais on effectue un suivi régulier, car la tension oculaire est malgré tout un facteur de risque. »

Cela dit, le prix d'un GDX ou d'un HTR atteint les 40.000 euros et il n'est pas question de l'utiliser pour faire du dépistage systématique, même si on estime en France à 1,2 million le nombre de personnes atteintes de glaucome, dont la moitié ne serait pas diagnostiquées. Les patients présentant des facteurs de risque demeurent la cible principale.

 

CATHERINE DUCRUET

Tous droits réservés (2007) LES ECHOS

Source
Les Echos
Date publication
26/02/07
 Thèmes
  Industrie

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