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Les étiquettes RFID, qui utilisent des radiofréquences pour transmettre des informations, se sont invitées dans tous les secteurs économiques, et notamment dans la santé. Le Salon de la traçabilité, la semaine dernière à Paris, a permis de le constater. Le dépositaire Eurodep et le laboratoire Axcan Pharma, son partenaire dans l'opération, viennent de lancer une solution originale. Eurodep, qui distribue en France les produits d'une centaine de laboratoires à des grossistes, des hôpitaux et des pharmacies, a choisi d'utiliser des étiquettes RFID. « Elles seront réservées à des médicaments spécifiques répondant à une urgence médicale ou au traitement de pathologies lourdes et coûteuses », indique Guillaume Lafarge, le pharmacien responsable de la logistique d'Eurodep.
A Mitry-Mory, où le prestataire exploite deux plates-formes de distribution, une étiquette à radiofréquence est posée sur chaque boîte dès sa réception. Elle contient toutes les informations : code autorisant la mise sur le marché, numéro de lot, numéro de fabrication, date de péremption et numéro identifiant la boîte. Lorsque la commande est lancée, les boîtes sont mises en colis. Celui-ci passe sous un portique équipé d'un lecteur RFID afin de contrôler la commande. « Etant donné le prix des produits, un colis renferme rarement plus de 10 boîtes, ce qui nous exonère des difficultés de lecture liées à la présence d'un trop grand nombre d'étiquettes dans un seul carton », relève Guillaume Lafarge.
A ce stade, une seconde puce intervient. Placée dans une enveloppe prépayée, elle accompagne le colis en reprenant les informations relatives à la commande et à son expédition. Lorsque l'hôpital reçoit ses produits, l'opérateur tamponne l'enveloppe contenant l'étiquette RFID et la retourne par la poste à Eurodep.
Inventaires automatisés
Ingénieux, le dispositif permet de contourner une difficulté majeure : l'absence de lecteur chez les clients. « Ni les hôpitaux, ni les grossistes, ni les pharmaciens ne sont pour l'instant équipés de lecteurs RFID. Ce système ne pénalise personne et laisse à nos clients le temps de s'adapter tout en donnant de bons résultats : 80 % à 90 % des enveloppes nous sont retournées, et lorsque ce n'est pas le cas, notre transporteur s'acquitte de la validation », indique Guillaume Lafarge.
Précurseur, le dispositif ouvre de belles perspectives. Chez Eurodep d'abord, qui profite de la RFID pour automatiser ses inventaires. Le prestataire compte aussi adapter son dispositif à la surveillance de la chaîne de froid grâce à des étiquettes capables d'enregistrer la température et de contrôler la distribution des produits réfrigérés, comme plusieurs laboratoires le font déjà pour des vaccins. Il travaille aussi à une solution de gestion de stocks déportée. Etant donné leur coût, certains médicaments réservés au traitement des patients hospitalisés posent en effet un problème d'immobilisation financière aux pharmacies hospitalières. « Pourquoi ne pas mettre un stock tampon à leur disposition ? », s'interroge Guillaume Lafarge. Dès 2007, Eurodep proposera aux hôpitaux des armoires RFID permettant une gestion quotidienne des stocks. Dès qu'une boîte sera prélevée, la facturation et le réapprovisionnement seront déclenchés automatiquement.
PHILIPPE DESFILHES
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