|
Un chiffre comparable à 2005 (voir graphique), mais nettement inférieur à la moyenne des sept dernières années, qui est de 25. Quatre médicaments issus des biotechnologies ont également été approuvés. Pourtant, l'industrie pharmaceutique n'a jamais dépensé autant d'argent en recherche et en essais cliniques pour les médicaments en développement. Près de 60 milliards d'euros en 2006, estime l'assureur-crédit Euler Hermes, deux fois plus qu'il y a dix ans.
« Les dépenses de R&D augmentent à un rythme bien supérieur à celui de l'approbation de nouveaux produits , observe le Centre pour l'étude du développement des médicaments de l'université américaine de Tufts (Massachusetts).
Coûts de développement en hausse
Première explication, « les préoccupations en matière de sûreté ont rendu les régulateurs plus prudents dans l'homologation des médicaments », note le centre. L'opinion publique a été traumatisée par les retraits de produits comme l'anti-inflammatoire Vioxx en 2004. En 2006, la FDA a refusé d'homologuer plusieurs médicaments, dont le Multaq, un anti-arythmique du français Sanofi-Aventis.
Mais l'explication principale viendrait de l'évolution du modèle économique des laboratoires. « Les coûts de R&D pour un médicament sont de plus en plus élevés, souligne Eric Halioua, consultant spécialiste de la pharmacie chez Arthur D. Little à Boston, que ce soit en phase de recherche, où les technologies sont de plus en plus complexes, ou pour les essais cliniques, qui se font sur un nombre toujours plus élevé de patients. »
« Comme le développement de nouveaux médicaments devient plus onéreux, les laboratoires doivent concentrer leurs ressources sur un plus petit nombre de projets, note l'université de Tufts. Moins de projets en développement, cela signifie, en conséquence, moins de médicaments homologués. »
« Il faut néanmoins se garder de tirer des conclusions hâtives en se fondant seulement sur quelques années, prévient Eric Halioua. On peut avoir plusieurs années de creux dans l'homologation de nouveaux médicaments pour des raisons purement statistiques. Les portefeuilles de produits en développement des laboratoires continuent à s'alimenter de nouveaux projets. »
Pfizer et Merck & Co. arrivent en tête pour les nouveaux médicaments approuvés en 2006. La FDA a donné son feu vert à deux nouveaux médicaments pour chacun des deux laboratoires américains. Pour Pfizer, il s'agit de l'anticancéreux Sutent et de l'aide au sevrage tabagique Champix. De son côté, Merck pourra mettre sur le marché un antidiabétique au mode d'action nouveau, le Januvia, et le Zolinza, qui traite certains effets cutanés des lymphomes.
VINCENT COLLEN
Tous droits réservés (2007) LES ECHOS
|