PHARMAnetwork emploi - l'emploi de l'industrie pharmaceutique, bio pharmacie et de santé
 Première Visite  ·  Courrier  ·  Info Site 
Emploi Actualités
PHARMAnetwork info  -  Accueil France > Actualités > A la Une
ACCUEIL
ACTUALITES
L'info en direct
Panorama presse
Entreprises
Bourse
Rechercher une info
Folder  À la Une / Top Stories
Current entry 144.  La bioéthique à tâtons
Le professeur Fagniez, député UMP, vient de remettre au gouvernement un rapport qui propose certaines évolutions de l'actuelle législation dans le domaine de la bioéthique...02/08/06


Skip to reply button for entry 144.
Résumé

Ce travail a été conclu après l'audition d'experts scientifiques ainsi que de personnalités religieuses. Il est remarquable que, partout dans le monde développé, les perspectives ouvertes par le progrès des connaissances en cette matière donnent lieu à des débats intenses. Il est vrai que les enjeux sont vertigineux. D'un côté, il s'agit de doter l'arsenal thérapeutique d'outils génétiques sans doute capables à terme de venir à bout de quelques-unes des plus graves maladies. De l'autre, ces nouveaux outils utilisent des cellules embryonnaires ou des cellules clonées. Cela conduit, dans le premier cas, à détruire un embryon afin d'utiliser ses cellules et, dans le second, à entrer dans la logique du clonage, certes thérapeutique et non reproductif, mais clonage quand même.

La réflexion sur ces sujets s'est développée en France grâce à la création en 1983 du comité consultatif national d'éthique. Le rapport du Conseil d'Etat de 1988 puis les travaux de Noëlle Lenoir ont permis d'avancer vers l'idée d'une loi qui encadrerait l'activité scientifique. Les débats ignoraient les frontières politiques traditionnelles, si bien que c'est le gouvernement Balladur qui fit voter en 1994 la première loi bioéthique préparée par Bernard Kouchner.

Sur les deux points très sensibles du rapport Fagniez, la loi de 1994 était très restrictive puisqu'elle interdisait implicitement tout clonage et qu'elle n'autorisait que des études sur l'embryon et non des recherches susceptibles d'attenter à son intégrité. Devant le développement des recherches à l'étranger, Bernard Kouchner tenta d'obtenir du gouvernement Jospin un assouplissement de la loi de 1994. L'opposition du président Chirac et du Conseil d'Etat le contraignit à renoncer. Il y a deux ans, le ministre Jean-François Mattei obtint une première libéralisation : pendant cinq ans, des expériences sur l'embryon sont devenues possibles à condition qu'elles ne portent que sur des embryons abandonnés par leurs parents biologiques.

Avec le nouveau rapport parlementaire, on sortirait de l'expérimental pour modifier la loi. Un pas supplémentaire serait franchi vers l'usage de ces techniques révolutionnaires. Faut-il s'étonner voire regretter qu'une matière aussi sensible évolue à tâtons ? Assurément non. A moins de ne se fier qu'à des principes figés pour l'éternité, ou à l'inverse d'adopter sans discernement tout nouvel outil scientifique, l'individu et la société déterminent la loi commune par une réflexion collective résultant notamment d'une dialectique entre connaissances scientifiques et valeurs éthiques. Il est normal qu'une telle réflexion passe par une certaine maturation. C'est le temps des sages, qui n'est ni celui des savants ni celui des prêtres, ce qui n'interdit pas aux savants et aux prêtres d'être aussi des sages.

 

Tous droits réservés (2006) LES ECHOS

Source
Les Echos
Date publication
02/08/06
 Thèmes
  Politique de santé

View top of page 
 
Accueil  ·  Plan site  ·  Charte  ·  Première Visite  ·  Courrier  ·  Info Site
Droit de reproduction et de diffusion réservés - PHARMAnetwork ® 2005
Conditions d'utilisation du site PHARMAnetwork