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Les chercheurs israéliens en pharmacologie travaillent sur un spectre large, et cela leur réussit plutôt bien. Le prix de Kaye de l'innovation vient d'être décerné à des recherches pour le traitement de l'hypertension, du cancer et de l'épilepsie. Créé en 1994 par l'industriel de pharmacie Isaac Kaye, ce prix est attribué, chaque année, aux chercheurs de l'université hébraïque de Jérusalem qui développent des produits innovants ayant un potentiel de commercialisation.
Au palmarès 2006, Yehoshua Maor, dont les recherches sur le cannabis devraient déboucher sur la mise au point d'un nouveau traitement contre l'hypertension. Maor a réussi à isoler un élément chimique de cette plante et à en dériver un composé synthétique (cannabigerol) qui fait baisser la pression sanguine sans les effets psychotropes, jusqu'ici inévitables.
Elena Khazanov a, quant à elle, imaginé un traitement contre le cancer qui associe la doxorubicine, un cytotoxique éprouvé, à des SSL (« sterically stabilized liposomes »), ce qui donne une efficacité supérieure à la doxorubicine seule. Enfin, un autre prix a été décerné à une équipe qui a travaillé sur une molécule anti-épileptique. Elle constituerait une alternative à la Dépamide, l'un des principaux traitements actuels qui présente toutefois des effets secondaires importants, notamment pour les enfants.
Autre point fort, la recherche pharmacologique israélienne avance rapidement. « Apparemment, les Israéliens sont très innovants et vont vite. J'ai rencontré une société qui a démarré en 2004 et qui a déjà des résultats dans le domaine des adjuvants et de la grippe », a constaté Marie-Joëlle Frachette, directrice de la R&D externe chez Sanofi-Pasteur, présente au Salon Biotech de Jérusalem à la fin mai.
Adaptabilité
Rapidité et adaptabilité, traits dominants de la mentalité israélienne, sont des atouts précieux dans le domaine de la recherche, notamment pour le numéro un mondial du vaccin, qui veut diversifier ses coopérations en direction des pays émergents comme Israël, l'Australie ou la Chine.
L'Inserm mise lui aussi sur la recherche israélienne. L'institut de recherche français a signé un accord avec le Technion pour le développement des cellules souches embryonnaires, la législation israélienne autorisant le clonage thérapeutique, contrairement à la loi française.
Quant à Teva, le numéro un mondial du générique, dont les succès et les échecs entraînent inéluctablement des fluctuations à la Bourse de Tel-Aviv, il fait aussi de la R&D, notamment dans le domaine des maladies neurologiques. La société vient d'obtenir l'accord de la Food and Drug Administration américaine pour commercialiser Azilect (Rasagiline en Europe), une molécule contre la maladie de Parkinson. Teva espère ainsi renouveler le succès rencontré avec Copaxone, principal traitement de la sclérose en plaques, découvert par l'Institut Weizmann et développé par Teva.
CATHERINE BENOÎT
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