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Roche Diagnostic, numéro un mondial du diagnostic in vitro, vient d'équiper le laboratoire de biochimie de l'Hôpital européen Georges-Pompidou, dirigé par Philippe Beaune, d'une plate-forme de tests génétiques Affymetrix-Roche CYP450. Elle permet d'établir le profil génétique des patients en termes de métabolisme des médicaments afin de mieux affiner la posologie des traitements.
Compte tenu du prix unitaire du test sur puce ADN, qui est de 500 euros, son utilisation systématique avant prescription d'un médicament ne peut pas être envisagée pour l'instant. Les domaines où son utilisation est la plus pertinente, tant sur un plan médical qu'économique (effets secondaires graves évités, prescriptions erronées économisées), doivent encore être précisés, même si on sait que la variabilité des deux gènes testés (CYP450 2 C19 et CYP450 2 D6) joue un rôle dans le métabolisme de 25 % des médicaments.
Selon les mutations que ces gènes présentent chez eux, les individus vont en effet métaboliser plus ou moins rapidement certains médicaments tels que les antidépresseurs, les antipsychotiques, les antiépileptiques, les bêtabloquants (contre la tension artérielle), des anticancéreux ou les médicaments traitant le reflux gastro-oesophagien. Il s'agit, on le voit, de traitements pour des pathologies à la fois sérieuses et très répandues.
Trois cas de figure
Pour Philippe Beaune, spécialiste de pharmacogénétique qui dirige également une unité Inserm, ces tests sont particulièrement indiqués dans trois cas de figure : les médicaments dont la fenêtre thérapeutique entre efficacité et toxicité est très étroite, comme les anticancéreux ; ceux dont l'efficacité est longue à établir, comme les antidépresseurs ou les immunosuppresseurs (notamment pour les greffes) ; et les situations où plusieurs médicaments sont possibles avec des profils de tolérance variables.
« Nous voulions mener une étude clinique pour établir un lien entre les mutations du gène CYP450 2 D6 et la résistance de patients schizophrènes à deux médicaments, mais nous ne disposions pas du temps et des moyens nécessaires, explique Marie-Anne Loriot, qui travaille dans le laboratoire du professeur Beaune . La possibilité d'utiliser la plate-forme Affymetrix-Roche met cette ambition à notre portée. » Ce faisant, le laboratoire va contribuer à définir et à valider les applications du matériel de Roche. Cela suffit à justifier que le suisse prête les équipements et approvisionne gratuitement en puces l'hôpital pendant la durée de cette recherche.
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Une posologie moyenne
Actuellement, les médicaments sont prescrits selon une posologie moyenne, adaptée à la plupart des malades. Elle ne tient donc aucun compte des particularités individuelles dans la réponse au traitement. Or celle-ci dépend notamment de la façon dont nous métabolisons les médicaments, qui est elle-même déterminée exclusivement (dans 10 à 20 % des cas) ou en partie (dans 15 à 40 % des cas) par des facteurs génétiques. Si une personne métabolise les médicaments plus lentement que la moyenne, pour le dosage standard, elle va avoir tendance à accumuler le principe actif, avec une possible toxicité. Au contraire, si elle a un métabolisme au-dessus de la moyenne, le dosage standard sera « trop » efficace avec un risque de surdosage. Le génotypage des patients pour ces deux gènes devrait donc permettre de progresser vers une individualisation des traitements. |
CATHERINE DUCRUET
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