PHARMAnetwork emploi - l'emploi de l'industrie pharmaceutique, bio pharmacie et de santé
 Première Visite  ·  Courrier  ·  Info Site 
Emploi Actualités
PHARMAnetwork info  -  Accueil France > Actualités > A la Une
ACCUEIL
ACTUALITES
L'info en direct
Panorama presse
Entreprises
Bourse
Rechercher une info
Folder  À la Une / Top Stories
Current entry 138.  Le diabète, un défi médical à relever d'urgence
Plusieurs nouveaux médicaments seront bientôt disponibles pour lutter contre l'épidémie de diabète qui se répand dans tous les pays...19/06/06


Skip to reply button for entry 138.
Résumé

Alors que les chiffres de la prévalence du diabète sont alarmants en Europe, ainsi qu'aux Etats-Unis - où on évalue le nombre de malades à 16 millions d'adultes - l'International Diabetes Federation (IDF) estime qu'en 2025, la planète pourrait compter 350 millions de diabétiques dont 80 % dans les pays en développement.

 

Les avertissements se succèdent et la menace se précise : le diabète est le prochain fléau qui va ravager la planète. Cette maladie sournoise et mal diagnostiquée touche actuellement près de 48 millions de personnes en Europe, dont 2,6 millions en France (voir carte). Aux Etats-Unis, près de 16 millions d'adultes sont atteints et l'épidémie progresse au rythme jamais vu de 8 % par an. « Un Américain sur trois né après l'an 2000 devra vivre avec le diabète toute sa vie » , a indiqué le président de l'American Diabetes Association, Robert Rizza, au cours du congrès annuel qui vient de se tenir à Washington (ADA).

Selon les données de l'International Diabetes Federation (IDF), en 2025, la planète pourrait compter près de 350 millions de diabétiques dont 80 % dans les pays en développement. « Toutes les dix secondes, une personne meurt de cette maladie. C'est autant que le sida. Le diagnostic, la prévention et la prise en charge restent très insuffisants , faute d'une prise de conscience politique à la hauteur du problème » , regrette Martin Silink, président de l'IDF. Ce fléau reste pour l'instant incurable. L'enjeu des campagnes de sensibilisation consiste donc à détecter les sujets à risque le plus tôt possible et à les traiter pour maintenir la maladie « sous contrôle » en limitant les complications.

Deux leçons sont à retenir du congrès de l'ADA. D'abord la montée de la prévalence du diabète de type 2 (lire encadré ci-contre). Cette évolution, apparemment inéluctable, est une véritable bombe à retardement qui inquiète les responsables de la santé publique. Elle touche tous les pays pratiquement sans exception et notamment les jeunes adultes en situation de surpoids. « Dans les vingt prochaines années, le nombre de malades risque de doubler aux Etats-Unis, comme en Chine, en Inde ou au Pakistan » , précise Ameet Nathwani, en charge de la recherche clinique sur les maladies du métabolisme chez Novartis. « Si nous ne faisons rien nous allons connaître une explosion de problèmes cardio-vasculaires, de cécités et d'amputations liés au diabète », indique Anne-Marie Felton, directrice de l'Association européenne des infirmières spécialisées (FEND). « Seul un patient sur cinq est traité correctement. Environ 80 % des malades meurent de complications vasculaires » , ajoute le professeur Eberhardt Standl, de l'hôpital de Munich-Schwabing en Allemagne.

 

Un cycle « marche-arrêt »

Selon ce spécialiste, les habitudes alimentaires et l'inactivité sont en grande partie responsables de l'explosion des cas de diabète de type 2. « Le type 2 concerne plus de 90 % des malades. C'est le résultat de facteurs génétiques associés à des troubles du comportement. Aux USA, près de 20 % des enfants sont obèses ou en situation de surpoids. L'industrie agroalimentaire a une grande part de responsabilité dans cette dérive. Au cours des vingt dernières années, sa stratégie a consisté à ajouter le plus de calories possibles dans les aliments industriels pour le même prix » , indique Eberhard Standl.

Face à la montée des périls, les laboratoires ont lancé des programmes de recherche qui commencent à porter leurs fruits. Deux nouvelles classes de médicaments en cours d'homologation vont sensiblement améliorer la prise en charge des malades. Ces molécules agissent sur les cellules du pancréas responsables du déséquilibre glycémique.

La métabolisation du sucre par l'organisme fait appel à deux hormones aux actions antagonistes : l'insuline et le glucagon. L'insuline active la synthèse du glycogène, la réserve d'énergie stockée dans les muscles (et un peu dans le foie). Le glucagon induit l'effet inverse. Il ordonne la transformation du glycogène en glucose, quand le taux de sucre dans le sang tombe sous un seuil critique (entre les repas ou la nuit). La première hormone est produite par les cellules bêta du pancréas alors que la seconde est sécrétée par les cellules alpha du même organe. Dans un organisme sain, ce cycle « marche-arrêt » s'équilibre selon le principe de l'homéostasie qui gouverne le vivant. Chez un diabétique de type 2, l'efficacité des cellules bêta décline avec le temps, entraînant une montée dangereuse du taux de glucose circulant en permanence dans le sang.

C'est le décryptage de cette régulation biochimique des cellules spécialisées du pancréas qui a permis de mettre au point les traitements qui arrivent sur le marché : les inhibiteurs DPP-4 et les peptides analogues de type GLP-1. Ces molécules agissent sur les signaux émis par l'intestin en présence de nourriture. Deux géants de l'industrie pharmaceutique vont se disputer le marché des inhibiteurs DPP-4 : le suisse Novartis (vildagliptin) et l'américain Merck (sitagliptin). « Si on identifie les personnes à risque très tôt et que l'on commence à les traiter on peut espérer infléchir l'évolution de la maladie », indique Ameet Nathwani. « Il y aura de plus en plus de patients à soigner et nous aurons donc besoin de plusieurs combinaisons de médicaments » , remarque Peter Stein, directeur de la recherche clinique chez Merck. « Nous nous orientons vers des traitements par multithérapies » , confirme Eberhard Standl. « Il faudra attendre les résultats sur le long terme pour savoir dans quelle mesure nous pouvons contenir la maladie avec ces nouveaux traitements » , juge prudemment Tina Vilsboll, médecin clinicien à l'hôpital universitaire de Gentofte de Copenhague au Danemark.

Pour minimiser l'impact de ce fléau, Robert Rizza suggère une mesure drastique : prescrire aux patients à risque une pilule unique comprenant des médicaments prédosés (aspirine pour fluidifier le sang et une statine contre le cholestérol). Cette « polypill » aurait l'avantage de limiter les complications du diabète et devrait être associée à une hygiène de vie (régime alimentaire et sans tabac). Cette « médecine de guerre » peu coûteuse (100 euros par an avec des génériques) permettrait d'économiser des sommes considérables en réduisant de 60 % les coûts des complications du diabète (amputations, accidents vasculaires, cécités). Selon Ameet Nathwani, cette solution a toutefois peu de chances de s'imposer. « C'est une idée qui a du sens du point de vue statistique. Mais en pratique, on ne peut pas prescrire un traitement unique en aveugle. »

 

Deux types de maladie

Obésité.

Le diabète se traduit par une mauvaise régulation du taux de sucre dans le sang, conséquence d'une carence en insuline produite par les cellules bêta localisées dans certaines parties du pancréas (îlots de Langerhans). On connaît deux formes différentes de la maladie. Le type 1, d'origine génétique, représentant moins de 10 % des cas, est qualifié d'insulinodépendant. Il provient d'une carence partielle ou totale de la production d'insuline due à la destruction des cellules bêta par réaction auto-immune.

Le type 2, autrefois appelé « diabète gras », est le résultat d'une résistance progressive de l'organisme à cette même hormone. Cette forme évolutive de la maladie est la conséquence d'un excès de poids, de l'inactivité et de facteurs familiaux. Elle est corrélée à l'obésité. Et ses formes initiales passent souvent inaperçues. Le diabète est un facteur de risque supplémentaire très important (entre 2 et 4 fois) pour l'hypertension artérielle, les maladies cardio-vasculaires et les accidents vasculaires cérébraux. Des chercheurs de l'université de Malmö ont récemment découvert trois gènes qui semblent prédisposer certaines populations au diabète de type 2.

 

ALAIN PEREZ

Tous droits réservés (2005) LES ECHOS

Source
Les Echos
Date publication
19/06/06
 Thèmes
  Santé

View top of page 
 
Accueil  ·  Plan site  ·  Charte  ·  Première Visite  ·  Courrier  ·  Info Site
Droit de reproduction et de diffusion réservés - PHARMAnetwork ® 2005
Conditions d'utilisation du site PHARMAnetwork