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Avec Ivax, Teva se classe au 15e ou 16e rang de la pharmacie mondiale, selon sa direction. Un record pour un fabricant de génériques
A voir le siège de Teva, difficile d'imaginer que l'on se trouve chez le numéro un mondial des génériques, une entreprise au chiffre d'affaires de 8 milliards de dollars. C'est un petit bâtiment d'un étage protégé de la route par un rideau de grands arbres, dans une banlieue industrielle sans charme de Tel-Aviv, Petach Tikwa. « J'ai probablement le plus petit bureau de patron de toute l'industrie pharmaceutique », s'amuse Israel Makov, qui vous accueille dans une pièce de 20 m2 à la moquette défraîchie. Avec l'acquisition d'Ivax, Teva a tout de même dû s'agrandir un peu, mais pas question d'engager de gros travaux. « On a loué un immeuble de l'autre côté de la route », explique une employée.
Le laboratoire israélien n'est pas un géant depuis longtemps. En 1901, son ancêtre, Salomon, Levin & Elstein Ltd., était une petite entreprise de Jérusalem qui distribuait des médicaments importés, à dos d'âne et de chameau ! Sans remonter aussi loin, Teva réalisait encore moins de 1 milliard de dollars de ventes il y a dix ans. L'entreprise est longtemps restée une affaire familiale, et le demeure à certains égards.
Eli Hurvitz, le président du conseil d'administration, est le gendre de l'un des trois fondateurs. Il a dirigé l'entreprise pendant un quart de siècle, avant de prendre du recul il y a quatre ans. Sa belle-soeur siège également au conseil, tout comme son fils, Chaïm, qui dirige l'une des divisions de l'entreprise.
Des vues sur l'Allemagne
Mais la firme est en train de devenir une entreprise comme les autres. Nommé directeur général en 2002, Israel Makov ne descend pas des familles fondatrices. Administrateur depuis plus de dix ans, ce sexagénaire souriant a vu Teva passer du statut de PME à celui de multinationale. Avec son arrivée aux commandes, la course à la taille s'est accélérée via la prise de contrôle de l'américain Sicor en 2003, pour 3,5 milliards de dollars, et celle d'Ivax, qui vient d'être finalisée, pour 7,4 milliards.
Le laboratoire est devenu la première entreprise privée d'Israël. Valorisé 26 milliards de dollars, il représente près de 30 % de la capitalisation de la Bourse de Tel-Aviv. La quasi-totalité de son capital est dans les mains d'investisseurs institutionnels, notamment américains. Ses dirigeants et administrateurs détiennent moins de 8 % des actions. Plus de 90 % des échanges se font à Wall Street, où Teva est également coté. En dix ans, la valeur du titre a été multipliée par onze.
L'israélien va-t-il s'arrêter là ? Dans l'immédiat, il « digère » l'acquisition d'Ivax, la plus importante jamais vue dans les génériques. Mais ensuite ? « La concentration se poursuivra, car elle a vraiment du sens dans ce secteur , prévoit Israel Makov. Et nous préférons consolider qu'être consolidés » . « On recense plus de 160 fabricants de génériques dans le monde, précise Laurent Payer, analyste chez Sectoral Asset Management, et le leader contrôle moins de 10 % du marché » . Teva devra notamment se renforcer sur le troisième marché pharmaceutique mondial, l'Allemagne, d'où il est quasiment absent et que dominent de gros acteurs locaux comme Merck KGaA ou Ratiopharm. « Un jour, nous y ferons une acquisition, annonce Israel Makov. Mais pour l'instant, le marché n'est pas stabilisé, et les valorisations sont élevées » .
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