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Pour la dixième édition des Rencontres d'Autrans (Vercors), qui se sont tenues du 12 au 14 janvier, les acteurs de l'Internet se sont livrés à un exercice de prospective en élaborant des scénarios à l'horizon 2016. Parmi les thèmes explorés, celui de la santé, où l'insertion de nouvelles technologies joue un rôle clef, avec une nouvelle manière de prendre soin du patient.
La France dispose déjà d'un terreau favorable, avec l'utilisation de l'informatique par les médecins depuis dix ans, et la mise en place de la carte Vitale. Sans compter les premières expériences de télémédecine, comme dans le traitement « de la phlébite à domicile, depuis 1993, ou la création du réseau Périnat en 1999, qui relie plus de 400 maternités », explique Anita Rozenholc, consultante, ancienne chargée de mission à la Datar (Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale) sur la télémédecine.
Déjà, Internet constitue un formidable relais d'information, et fédère patients et médecins sur des maladies rares. « Les médecins peuvent ainsi accéder à des bases d'informations, comme Medline, ou à des forums de discussion. Des sites sont consacrés à des maladies comme la mucoviscidose, ou au cancer, comme le Réseau Onco sur le cancer en Pays de la Loire, où les dossiers médicaux de patients sont consultables », détaille Norbert Paquel, délégué général d'Edisanté, un collectif qui fédère des associations sur la santé, et se penche sur les questions de normalisation. Autre initiative, menée conjointement par des médecins et des chercheurs de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), la création du réseau Sentinelles, un système de surveillance nationale par lequel des médecins volontaires créent sur Internet une cartographie indiquant la progression de différentes épidémies (grippe, hépatites, varicelle...).
Débats éthiques
A l'avenir, ces nouvelles technologies médicales vont aussi s'inviter au domicile des patients. Siemens et France Télécom ont déjà lancé un système « qui permet aux diabétiques de contrôler leur taux de sucre dans le sang chez eux, à partir de capteurs. Les données peuvent ensuite être stockées ou transmises en temps réel à un centre médical », poursuit Norbert Paquel. La surveillance à distance est, elle aussi, promise à un certain avenir : des hôpitaux niçois testent déjà un système d'alerte des patients par SMS, par exemple pour des prises de médicaments. Autre outil, une boîte à pilules dont le couvercle, doté d'un microprocesseur, alerte le patient en cas d'oubli d'un médicament.
La pierre angulaire de ces nouvelles pratiques résidera dans la mise en oeuvre du dossier médical personnel. Les services à distance vont également se multiplier. Déjà, des débats éthiques apparaissent sur l'éventuel envoi d'analyses médicales par CD-ROM ou par courrier électronique, « comme cela se pratique déjà aux Etats-Unis ou au Brésil », souligne Bruno Salgues, directeur d'études à l'Institut national des télécommunications d'Evry.
CAPUCINE COUSIN
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