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Current entry 105.  L'imagerie optique pour affiner les mammographies
La lutte contre le cancer du sein va s'enrichir d'un nouveau dispositif. L'optique apporte une rupture technologique dans l'imagerie médicale, avec des résultats plus rapides et la supression des radiations...19/01/06


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Résumé

Philips est en train de mettre au point une nouvelle technologie d'imagerie médicale qui donne une meilleure définition des images du sein, avec une précision supérieure à celle des rayons X. Elle doit ainsi permettre d'éviter des analyses supplémentaires, notamment des biopsies. Le nouvel équipement se présente comme une table munie d'une cavité hémisphérique destinée à accueillir les seins (ils sont scannés l'un après l'autre). Les femmes qui doivent passer un examen s'y allongent sur le ventre. La demi-sphère est composée de 256 trous disposés de façon homogène par lesquels est diffusée une lumière émise, à tour de rôle, par quatre lasers, et de 256 capteurs, placés juste à côté, chargés de recueillir les données à analyser afin de détecter la présence éventuelle d'une tumeur cancéreuse.

Le fonctionnement de cette machine est relativement simple : la demi-sphère est raccordée par 256 fibres optiques à trois lasers émetteurs de lumière, chacun d'eux ayant une longueur d'onde différente. Le quatrième laser se contente d'exciter l'agent de contraste qui est injecté dans le sang quelques minutes avant la mammographie. En utilisant des filtres appropriés, la lumière réfléchie par le colorant est alors détectée par les capteurs. « En plus de la fluorescence du colorant de Schering, les trois longueurs d'onde différentes utilisées permettent de mieux différencier les tissus analysés », précise Sjaak Deckers, le responsable des technologies des diagnostics et de l'imagerie moléculaire de la filiale Systèmes médicaux de Philips.

 

Verre protecteur

La sécurité est prise en compte : d'une part, la lumière issue du laser est atténuée grâce à un verre protecteur qui épouse la cavité demi-sphérique, de telle sorte qu'à aucun moment un rayon potentiellement dangereux ne puisse sortir de la fibre. D'autre part, l'appareil ne fonctionne pas tant que la cavité ne détecte pas la présence d'un sein.

Une fois émises, les lumières traversent, jusqu'à 20 centimètres de profondeur, les tissus qui contiennent plus ou moins d'eau, plus ou moins de lipides, d'hémoglobine, etc. Les capteurs sont d'une très grande sensibilité, car ils analysent des signaux d'une très faible intensité. En effet, chaque tissu renvoie une partie de la lumière reçue. L'intensité du signal lumineux qui est réfléchi est un million de fois inférieure à celle du signal émis. Le signal fluorescent du colorant est, quant à lui, un millier de fois plus faible que la lumière émise.

Les informations collectées par les capteurs sont analysées par un ordinateur. Celui-ci les compare aux informations contenues dans une banque de données où sont classées des images de seins indemnes, avec kyste, avec fibrome, avec tumeur... Une fois l'examen terminé, on obtient une tomographie optique, ou « optigraphie », en trois dimensions avec une précision telle qu'elle devrait permettre d'éviter une biopsie pour confirmer ou infirmer la détection d'un cancer. C'est du moins l'objectif à atteindre.

La fonction du produit de contraste est de mieux localiser une tumeur, qui renvoie une lumière fluorescente. En effet, comme la tumeur contient de trois à cinq fois plus de sang que le reste du sein, le produit de contraste s'y concentre. « Le produit actuellement utilisé est l'omocianine. Il n'est pas ciblé et se diffuse partout dans le corps. Le rôle de notre allié Schering dans la partie recherche de ce projet est de mettre au point un agent attiré par les protéines spécifiques de la tumeur, ce qui en fera un produit ciblé. On obtiendra ainsi un meilleur contraste », indique Sjaak Deckers.

 

DJAMEL KHAMES

Tous droits réservés (2005) LES ECHOS

Source
Les Echos
Date publication
19/01/06
 Thèmes
  Santé
  R&D

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