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Current entry 94.  L'industrie française des biotechnologies actuellement au bord de la famine financière
Les sociétés de biotechnologies françaises n'ont levé que 128 millions d'euros auprès des investisseurs depuis le début de l'année...30/11/05


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Résumé

Avec 128 millions d'euros levés au 10 novembre, contre 268 millions sur l'ensemble de l'année dernière, 2005 s'annonce comme le plus aride des cinq derniers exercices pour les 300 sociétés françaises recensées par l'enquête annuelle de France Biotech, l'association qui regroupe l'essentiel de cette industrie à l'exception des filiales françaises de grandes sociétés américaines.

C'est en fait toute la chaîne du financement qui est bloquée, de l'amorçage des sociétés naissantes à l'entrée en Bourse, selon cette enquête publiée hier. Le financement de l'amorçage et des premiers tours de table recule de 27 %, à 51 millions d'euros. Et encore ce montant s'est-il concentré sur deux entreprises : Cerenis (25 millions d'euros) et Fovea (25 millions). Les deuxièmes tours de table et suivants sont également en chute libre (- 83%), à 77 millions d'euros, malgré l'incursion de quelques investisseurs étrangers de poids comme Abingworth ou le Welcome Trust. Il est donc très difficile pour les sociétés de se refinancer.

Dans ce contexte de quasi-famine, l'entrée en Bourse prévue avant la fin de l'année de deux sociétés, ExonHit et BioAlliance, aura valeur de test. Si les investisseurs refusent d'aller de l'avant, c'est en effet, très largement, parce qu'il n'y a pas eu, à ce jour, d'introduction en Bourse depuis 1999, et donc de possibilité de sortie boursière pour le capital-risque. Si BioAlliance notamment, qui dispose d'un produit proche de la commercialisation, réalise une belle opération, elle pourrait faire des émules et contribuer ainsi à décrisper la situation. Actuellement, 80 % du financement des biotechnologies repose en Europe sur le capital-risque, contre 20 % aux Etats-Unis.

 

Une bonne résistance

L'enquête de France Biotech, réalisée à partir de 110 questionnaires sur 300 envoyés, souligne aussi, paradoxalement, la bonne résistance de l'industrie. Car son portefeuille de futurs produits s'est malgré tout étoffé en 2005, avec 96 molécules en essais cliniques, contre 78 en 2004. Cette évolution est surtout due au gonflement des phases d'essais I et II. En revanche, on ne compte toujours que 7 produits en phase III et 9 sur le marché.

Dans cette résistance du secteur, le président de France Biotech, Philippe Pouletty, trouve matière à plaider pour une poursuite de la réforme fiscale en faveur de laquelle il a milité. Les allégements fiscaux obtenus en liaison avec le statut de la Jeune Entreprise innovante et la réforme du crédit d'impôt recherche ont été un ballon d'oxygène. Dans cette logique, il réclame la création d'un statut de Jeune Entreprise cotée et s'insurge contre le plafonnement à 8.000 euros de l'avantage fiscal lié à l'investissement du public dans les FCPI, tel qu'il est prévu dans le projet de Loi de finances 2006.

 

CATHERINE DUCRUET

Tous droits réservés (2005) LES ECHOS

Source
les Echos
Date publication
30/11/05
 Thèmes
  Biotechnologie

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