PHARMAnetwork emploi - l'emploi de l'industrie pharmaceutique, bio pharmacie et de santé
 Première Visite  ·  Courrier  ·  Info Site 
Emploi Actualités
PHARMAnetwork info  -  Accueil France > Actualités > A la Une
ACCUEIL
ACTUALITES
L'info en direct
Panorama presse
Entreprises
Bourse
Rechercher une info
Folder  À la Une / Top Stories
Current entry 89.  L'agriculture promet une nourriture saine
Dernier volet de notre série sur l'alimentation, la question des produits chimiques...18/11/05


Skip to reply button for entry 89.
Résumé

L'industrie chimique a persuadé les paysans d'utiliser les produits phytosanitaires qui réduisent fortement les pertes, mais appauvrissent les sols.

Gary Hirshberg n'en revient pas. Depuis trois mois, ses ventes de yaourts biologiques ont crû de 40 %. Le fondateur de Stonyfield Farm, le numéro trois du yaourt aux Etats-Unis, attribue le décollage de ses activités à l'ouragan Katrina. L'audace de ce rapprochement est à l'image du bonhomme : parti de rien, il est désormais à la tête de 450 fermes et domine le marché du yaourt biologique. Alors, pour lui, c'est clair, les Américains ont enfin pris conscience du dérèglement de la planète et le font savoir dans les rayons alimentaires. Pour d'autres, c'est le risque cancérigène des chimies agricoles qui pousse les consommateurs vers les rayons « bio ».

Militant, Gary Hirshberg a su concilier sa conviction avec l'économie. La preuve, il s'est attiré les faveurs du groupe Danone, qui possède désormais la majorité du capital de Stonyfield Farm. Reste à savoir si le positionnement stratégique du leader français de l'agroalimentaire annonce un virage massif vers une nouvelle ère agricole ou un opportunisme passager. Son PDG, Franck Riboud, pourrait y répondre samedi prochain à l'ouverture du colloque auquel collabore le groupe « Les Echos » à l'Unesco sur le thème de la réconciliation de l'économie et de l'écologie.

Depuis des années, l'agriculture biologique cherche à démontrer, en France et ailleurs, qu'il est possible de se passer des produits chimiques et des semences industrielles. Le défi est de taille : en cinquante ans, les engrais ont fait bondir les rendements de 15 à 150 quintaux à l'hectare. L'industrie chimique a, quant à elle, persuadé les paysans d'utiliser les produits phytosanitaires qui réduisent fortement les pertes. Aujourd'hui, tous les agronomes prônent un retour à la terre. Même l'institut français Inra, longtemps sourd aux prophéties des agriculteurs biologiques, axe désormais ses recherches sur l'optimisation des parcelles et non plus l'obtention d'un rendement maximal des cultures.

 

Déficiences en oligo-éléments

« La technologie cherche à éliminer les fonctions gratuites des écosystèmes », accuse Philippe Desbrosses, docteur en sciences de l'environnement. La qualité du sol est au coeur des préoccupations de l'agronomie biologique. Le centre suisse de recherche FAL compte une grosse centaine de chercheurs en agro-écologie. Ils mènent depuis des années une comparaison de l'évolution des terres cultivées en agriculture intensive, raisonnée ou biologique.

Le verdict est sans appel, les sols exploités avec des intrants présentent de fortes déficiences en oligo-éléments. Lessivée, la terre est devenue incapable d'abriter les espèces vivantes comme les bactéries, les champignons ou les vers de terre. « Ce n'est plus qu'une agriculture minérale », raille Philippe Desbrosses. Pour lui, l'agriculteur doit se pencher sur sa terre, vérifier le taux d'humus. C'est lui qui retient l'eau, nourrit la vie microbienne. « Les paysans sont obligés de brûler les pailles sur le champ après récolte car il n'y a plus d'organismes susceptibles de les décomposer », poursuit ce paysan-chercheur. Un sol en équilibre est bien drainé, bien structuré, bien oxygéné.

 

Réorganiser les paysages

Michel Griffon du Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) propose une révolution doublement verte à travers plusieurs stratégies. La première consiste à gérer la fertilité des cultures en intensifiant le cycle de la matière organique. Quitte à utiliser les biotechnologies pour doper les capacités des plantes. Les paysans laissent les déchets se décomposer sur le sol ou valorisent les effluents de l'élevage. La deuxième approche consiste à réorganiser les paysages pour mieux gérer l'eau des écosystèmes et se protéger des inondations.

Selon l'agronome, l'agriculture de demain devra aussi adopter la lutte intégrée contre les maladies et les ravageurs. Là encore, il s'agit de reconstituer l'équilibre des écosystèmes, où les ravageurs sont eux-mêmes contrôlés par des prédateurs. Cela implique de connaître finement les relations très complexes avec les pathogènes. Les paysans biologiques ont déjà développé des solutions naturelles en réintroduisant dans leurs champs des araignées, des champignons ou des insectes précis. Les entreprises et laboratoires spécialisés ont déjà développé une cinquantaine de solutions en fonction de chaque parasite. C'est l'un des enjeux des nombreuses recherches menées sur la biodiversité.

L'Agence nationale de recherche française (ANR) a choisi de financer cette année plusieurs études sur ces thèmes. Une équipe travaillera par exemple sur l'évolution de la relation faune du sol/plante. D'autres experts moins radicaux n'excluent pas de recourir à la chimie ou à la génétique, mais de façon ciblée.

 

Réinventer un modèle

Quoi qu'il en soit, les recherches restent indispensables, car l'agriculture biologique est loin d'avoir défriché tous les sujets. Le docteur Philippe Desbrosses le reconnaît, les mauvaises herbes empoisonnent encore la vie des champs. L'agriculteur peut parfois s'en débarrasser en rivalisant d'astuces, parfois ancestrales. Un Japonais a réhabilité l'élevage des canards dans les rizières en développant un modèle économique très rentable. Les volatiles évitent les coûteux herbicides, fournissent de la viande et alimentent une pisciculture. Mais le travail manuel important qu'exige l'agriculture biologique plombe encore trop la compétitivité face aux prix planchers de l'agriculture intensive et subventionnée. Pour offrir une nourriture saine à tous, les paysans et l'agroalimentaire doivent impérativement réinventer leur modèle.

 

MATTHIEU QUIRET

Tous droits réservés (2005) LES ECHOS

Source
Les Echos
Date publication
18/11/05
 Thèmes
  Santé

View top of page 
 
Accueil  ·  Plan site  ·  Charte  ·  Première Visite  ·  Courrier  ·  Info Site
Droit de reproduction et de diffusion réservés - PHARMAnetwork ® 2005
Conditions d'utilisation du site PHARMAnetwork