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C'est un trio de choc qui va développer une nouvelle société biopharmaceutique spécialisée dans les pathologies de la rétine : Bernard Gilly, José Sahel et Pierre Bélichard. Après cinq années passées dans le fonds d'investissement Sofinnova, Bernard Gilly retrouve des fonctions opérationnelles en prenant la présidence de Fovea. Quant à José Sahel, un des meilleurs spécialistes de la rétine, il est, parmi ses nombreuses fonctions nationales et internationales, chef de service du département d'ophtalmologie de l'hôpital des Quinze-Vingts, à Paris, et directeur de l'unité Inserm 592. Il présidera le conseil scientifique de Fovea. Pierre Belichard, enfin, un ancien d'UroGene, complète cette équipe en tant que directeur général.
« Développer des médicaments pour traiter les pathologies de la rétine répond à une logique à la fois médicale et économique , explique Bernard Gilly. Les ophtalmologistes disposent en effet d'une panoplie de médicaments restreinte et imparfaite. » Or, les pathologies de la rétine sont en plein développement, du fait à la fois du vieillissement de la population (pour la dégénérescence rétinienne) et de la très forte augmentation du diabète (en lien avec l'obésité) dont la rétinopathie est une des complications courantes.
Or très peu de laboratoires pharmaceutiques, et une poignée seulement de sociétés de biotechnologies, s'y sont intéressés. C'est d'ailleurs via des accords avec ces dernières que les Novartis, Pfizer et Allergan sont présents. Les sociétés de biotech adaptent à l'oeil des produits que les groupes pharmaceutiques ont développé principalement pour empêcher la croissance des vaisseaux sanguins (une hypervascularisation de la rétine entraîne la cécité). « Il y a un besoin de médicaments spécifiques, même si l'adaptation de produits plus généralistes est une piste que Fovea ne veut pas négliger » , poursuit Bernard Gilly.
Licence exclusive
Pour mener à bien cette double ambition, la société dispose d'un certain nombre d'atouts. Tout d'abord, sa plate-forme technologique pour l'identification de nouvelles protéines jouant un rôle dans les pathologies rétiniennes a été développée par l'unité Inserm de José Sahel. Elle a été validée dans le cadre d'une collaboration avec Novartis, qui a débouché sur l'identification d'une protéine donnant lieu à un brevet. Cette plate-forme a été concédée à Fovea en licence exclusive.
Pour alimenter en aval le pipeline de la société et lui permettre d'ici à deux ans de présenter un équilibre harmonieux entre les différentes phases cliniques, la société négocie actuellement les licences de trois molécules qui viendront s'ajouter au Diltiazem, repris en exclusivité à Sanofi-Aventis, qui pourrait entrer en essai clinique d'ici à six mois.
Autre atout de Fovea, sa proximité avec la clinique. « La société bénéficiera d'un accès privilégié au Centre d'investigation clinique des Quinze-Vingts, ainsi qu'aux 250.000 patients qui fréquentent chaque année cet hôpital et aux différents réseaux auxquels le laboratoire de José Sahel est associé », explique Bernard Gilly.
Enfin, la société démarre avec un premier tour de table conséquent, 20,5 millions d'euros, avec Sofinnova comme chef de file, le britannique Abingworth, le belge GIMV et le français Crédit Agricole Private Equity et le Wellcome Trust. Une nouvelle levée de fonds sera toutefois nécessaire dès que la première molécule entrera en essai clinique de Phase II.
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Les maladies de la rétine
La dégénerescence maculaire liée à l'âge (DMLA) est une maladie dégénérative chronique, évolutive et invalidante, qui débute après 50 ans. Elle atteint de manière sélective la macula en provoquant une dégénérescence des cellules visuelles rétiniennes, privant celui qui en souffre de sa vision centrale.La rétinopathie diabétique est une complication du diabète qui se traduit par une microangiopathie rétinienne, elle-même conséquence de glycémies pathologiques récurrentes. Elle peut apparaître après sept ans d'évolution de la maladie diabétique. |
CATHERINE DUCRUET
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