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Current entry 85.  Un partenariat avec Zymogenetics pour alimenter le pipeline
Une première collaboration satisfaisante entre Serono et Zymogenetics sur le développement de deux molécules les a incités à nouer un partenariat plus large...10/11/05


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Résumé

Etablir des partenariats avec d'autres sociétés peut être un bon moyen de bâtir rapidement une plate-forme de recherche et d'alimenter son pipeline de produits en recherche et développement. L'accord en deux temps passé par Serono avec la société Zymogenetics, basée à Seattle et spin-off du danois Novo Nordisk, en est un bon exemple.

En septembre 2001, les deux sociétés annoncent leur intention de développer et commercialiser ensemble deux produits issus de la recherche de Zymogenetics. Les chercheurs de Seattle ont identifié deux régulateurs essentiels du système immunitaire. L'objectif des sociétés est alors de développer un ou plusieurs produits dérivés de ces régulateurs pour traiter les maladies auto-immunes (dérèglements du système immunitaire, qui se retourne contre l'organisme). Actuellement, une première molécule, TACI-Ig, est en essai clinique de Phase Ib. « Nous l'avons testée sur des volontaires sains pour nous assurer qu'elle était bien tolérée, mais nous avons en même temps recueilli des informations sur la pharmacocinétique [manière dont un produit est métabolisé, NDLR] car l'animal ne fournit pas des données très pertinentes en ce qui concerne l'effet des protéines humaines , explique Franck Latrille, vice-président recherche clinique de Serono.

 

Equipe virtuelle

Pour mener à bien ce travail, un comité restreint de six ou sept personnes des deux sociétés a été constitué. Ce comité se réunit régulièrement pour décider du budget et faire les choix stratégiques. Mais l'équipe opérationnelle, partagée entre Genève et Seattle, est, elle, virtuelle et à géométrie variable en fonction des travaux à réaliser. « C'est une collaboration qui fonctionne très bien, se félicite Franck Latrille. Nous avons la même volonté d'aboutir, et la répartition du travail se fait de façon très pragmatique, avec le souci de la meilleure efficacité. »

Le deuxième accord, plus large, signé en septembre 2004, est là pour en témoigner. D'un montant global chiffré à environ 80 millions de dollars - le montant du premier accord n'a pas été divulgué -, il prévoit d'accorder à Serono une licence exclusive pour le développement de deux molécules au stade préclinique et le codéveloppement d'une troisième, ainsi que le libre accès à la bibliothèque de gènes et de protéines de Zymogenetics pour y sélectionner jusqu'à douze entités sur cinq ans. Enfin, les deux entreprises sont convenues de mener en commun des travaux de recherche pour identifier d'autres molécules en dehors des domaines d'expertise de Zymogenetics que sont l'oncologie et les maladies auto-immunes. Dans la pratique, ce nouvel accord fonctionne selon les mêmes principes que le précédent, même s'il engage beaucoup plus les deux partenaires.

 

Diversifier la recherche

« Un accord de cette ampleur à un stade aussi précoce est rare , reconnaît Doug Williams, directeur de la recherche de Zymogenetics . Il faudra par exemple encore attendre deux ans pour savoir si le produit que nous codéveloppons sera testé en clinique ou non. » Pour cela, la société de Seattle devait trouver un partenaire disposant de moyens financiers suffisants pour être capable d'attendre. Il faut dire que Serono en espère beaucoup, estimant que 50 % des molécules entrant dans son pipeline de recherche pourraient provenir de Zymogenetics. A tel point qu'elle aurait quasiment pu racheter la société. Mais, à Genève, l'heure n'est plus aux rachats. Pourquoi investir dans des structures et des emplois alors que c'est à la matière grise de la société que l'on veut accéder ? Les efforts consacrés à la fermeture du site français, héritage du rachat de Genset, sont là pour appuyer cette position.

 

CATHERINE DUCRUET

Tous droits réservés (2005) LES ECHOS

Source
Les Echos
Date publication
14/11/05
 Thèmes
  Biotechnologie

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