C'est une progression de 29 %, cinq fois plus rapide que celle des médicaments de marque. En 2004, la hausse avait été encore plus forte (+ 32 %), selon le Gemme, l'organisme professionnel qui défend les intérêts des fabricants de génériques en France, comme l'allemand Merck KGaA, le français Biogaran (groupe Servier) ou le suisse Sandoz (groupe Novartis).
Les génériques représentent aujourd'hui 7,5 % du marché français des médicaments remboursables en valeur et 14,1 % en volume. C'est plus qu'en Espagne ou en Italie, mais c'est encore peu par rapport à l'Allemagne, où la pénétration de ces traitements moins onéreux dépasse les 20 %.
Adoption plus rapide
Ces tendances très bonnes - du moins pour les « génériqueurs » et les comptes de l'assurance-maladie - se sont confirmées cet été. « Le mois d'août a été excellent, et septembre devrait battre un record avec, sans doute, 130 millions d'euros de chiffre d'affaires », annonce Pascal Brière, vice-président du Gemme. Lorsqu'une version générique d'un médicament existe, les pharmaciens l'ont prescrite dans 61,5 % des cas. «
C'est un taux de substitution record », se félicite-t-il. Les délégués à l' assurance-maladie ont sillonné les officines pour convaincre certains pharmaciens, peu enclins à substituer, de proposer des génériques à leurs clients. La Sécurité sociale a aussi écrit directement aux assurés n'utilisant pas de médicaments génériques pour tenter de les persuader de passer aux traitements meilleur marché. Lorsqu'une molécule perd la protection de son brevet, l'adoption des génériques se fait plus vite qu'auparavant, note encore Pascal Brière. L'anticholestérol Zocor (simvastatine) de l'américain Merck & Co., concurrencé par les génériques depuis moins de cinq mois, a déjà vu sa part de marché tomber à 45 % en France.
Fort de ces bons chiffres, le Gemme revoit ses prévisions à la hausse et prévoit un marché en progression d'au moins 30 % sur l'ensemble de l'année 2005. « On visait un chiffre d'affaires de 1,35 milliard. On devrait facilement atteindre 1,45 milliard, voire 1,5 milliard », estime Pascal Brière.
VINCENT COLLEN
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