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Current entry 68.  Les investisseurs reprennent des risques avec la biotech française
Du jamais-vu pour une start-up de biotechnologies en France : un premier tour de financement de 25 millions d'euros. Cerenis Therapeutics relance l'intérêt des investisseurs étrangers...07/09/05


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Résumé

Une première levée de fonds de 25 millions d'euros pour une start-up de quelques mois. Cet exploit signé par la société Cerenis Therapeutics, créée en mars 2005, redonne un coup d'éclat à la biotechnologie nationale, enlisée dans une crise financière depuis de longs mois. Quel pari lui a valu d'entrée de jeu une telle marque de confiance des ténors du capital-risque, le français Sofinnova Partners en tête, qui injecte 9 millions d'euros, soutenu à même hauteur par le suédois HealthCap et suivi par les américains Alta Partners et EDF Ventures, ainsi que le japonais NIF Ventures ? Créée par une équipe de managers expérimentés issus de la société américaine Esperion Technologies - acquise par Pfizer pour 1,3 milliard de dollars en 2004 -, Cerenis s'attaque à l'origine des maladies cardio-vasculaires, un grave problème de santé publique qui touchera 7 personnes sur 10 au cours de leur vie.

Le créneau de Cerenis : utiliser le bon cholestérol (HDL) pour réduire l'excès de mauvais cholestérol. Fort de vingt-trois ans d'expertise du métabolisme des lipoprotéines de haute densité (HDL) et dépositaire de 60 brevets, le docteur Jean-Louis Dasseux, PDG fondateur de Cerenis, explique l'originalité de cette approche : « En exploitant les qualités de transporteurs des HDL pour évacuer le mauvais cholestérol stocké sur la paroi artérielle vers le foie, où il est éliminé ou recyclé, nous avons réussi à démontrer qu'il est possible réduire en quelques semaines la plaque d'athérome, formée par cette accumulation indolore pendant des décennies. » Rappelons que c'est la rupture de cette plaque existante, vulnérable, qui provoque un accident cardiaque. Or, les médicaments existants arrêtent la progression de la plaque d'athérome chez les patients traités, mais ne la détruisent pas.

 

20 millions pour CoreValve

Au second tour de table de CoreValve qui a levé 20 millions d'euros à la mi-juillet, on retrouve Sofinnova Partners qui réinvestit 7 millions d'euros, après avoir misé 4,5 millions d'euros en juin 2004, lors de la première levée de fonds complétée à 6 millions d'euros par des business angels.

A ses côtés, HealthCap répond encore présent avec 6 millions d'euros, ainsi qu'un autre acteur majeur : Apax Partners, qui apporte le même montant. « Cette levée de fonds substantielle exprime l'adhésion des investisseurs au potentiel de la technologie ReValving, qui permet le remplacement des valves cardiaques par voie percutanée, en évitant aux patients le traumatisme d'une chirurgie à coeur ouvert », estime le docteur Jacques Séguin, PDG fondateur de CoreValve. Sans compter le gain de coût sur une intervention (hors convalescence) : de 25.000 à 35.000 euros pour le remplacement d'une valve aortique par voie chirurgicale, selon les pays, contre 15.000 à 25.000 euros avec la technologie alternative de CoreValve. D'autres tours de table de même facture, actuellement en cours de finalisation, devraient réactiver l'intérêt des investisseurs étrangers pour la biotech- nologie française.

 

CHANTAL HOUZELLE

Tous droits réservés (2005) LES ECHOS

Source
Les Echos
Date publication
07/09/05
 Thèmes
  Biotechnologie

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