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Current entry 54.  Les groupes pharmaceutiques toujours plus actifs
Engagés dans une course mondiale acharnée à la découverte des médicaments de demain qui seront capables de lutter contre les maladies graves, les groupes pharmaceutiques s'investissent dans le corporate venture...01/07/05


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Résumé

Les groupes pharmaceutiques cherchent à tout prix à dénicher des molécules innovantes, vitales pour leur compétitivité, qui sortent de moins en moins de leurs propres laboratoires en dépit d'un alourdissement croissant de leurs investissements en R&D. La découverte de « blockbusters » potentiels, médicaments susceptibles de générer un chiffre d'affaires unitaire supérieur au milliard de dollars, est l'essence même des start-up de biotechnologies, qui n'ont cependant pas les moyens d'assurer leur développement jusqu'à la mise sur le marché (en moyenne 600 millions d'euros par produit).

 

 

Trois voies s'ouvrent aux « big pharma » : lancer leur propre fonds pour financer les recherches externes nécessaires pour enrichir leur pipeline, investir via un fonds de capital-risque dans des projets innovants ou prendre une part au capital d'une biotech qui, dans la majorité des cas, sera concomitante à une alliance industrielle à long terme.

Aux Etats-Unis, pays pionnier où l'industrie biotechnologique a vingt ans d'avance sur la France, c'est Johnson & Johnson qui a expérimenté le premier la piste du capital-risque, en 1973, avec sa filiale Johnson & Johnson Development Corporation. Un exemple suivi plus tard par la plupart des principaux acteurs du secteur pharmaceutique (voir tableau ci-contre). A l'actif d'Amgen, leader mondial de la biotechnologie, la dernière initiative américaine crée une passerelle avec le marché français.

Lancé en 2004 et doté de 100 millions de dollars, Amgen Venture vient d'annoncer deux investissements dans le capital-risque national : 8 millions d'euros dans le nouveau fonds Sefti (Specialized European Fund for Therapeutic Innovation) de la Société Générale Asset Management (SGAM) - qui vise un « closing » de 50 millions -, et 2 millions d'euros dans un fonds géré par la Compagnie Financière Edmond de Rothschild. « Cet engagement financier témoigne de notre intérêt pour la science française », commente Marc de Garidel, PDG d'Amgen France.

Egalement engagé dans une double stratégie d'investissement franco-américaine, Sanofi-Aventis, avec une mise de 60 millions de dollars, a dupliqué aux Etats-Unis, en avril 2004, le fonds de capital-risque Genavent, créé en France avec le concours de la SGAM en 2000. Objectif : profiter en direct des opportunités offertes par les sciences de la vie outre-Atlantique.

Le premier groupe pharmaceutique français (3e mondial) pratique aussi la prise de participation significative au capital d'entreprises innovantes, dont l'expertise lui laisse entrevoir de grands espoirs. La meilleure illustration : l'accord historique signé en 2002 avec Immuno-Designed Molecules (IDM), d'une valeur commerciale de 600 millions d'euros pour une vingtaine de médicaments cellulaires sur dix ans, assorti d'une injection de 30 millions d'euros au capital.

 

Le cas Genfit

Modèle atypique de la biotechnologie française, Genfit s'est construit, en 1999, grâce au corporate venture sans faire appel au capital-risque. Quatre partenaires industriels (Aventis, Merck Lipha, UCB Pharma et Sanofi) misent conjointement sur son expertise scientifique des maladies cardio-vasculaires, métaboliques et inflammatoires. Résultat : la start-up dispose d'emblée de 20 millions d'euros de cash, génère un chiffre d'affaires dès son premier exercice et accède directement à la problématique de l'industrie pharmaceutique. Rejoints en 2002 par les Laboratoires Fournier, ces industriels détiennent aujourd'hui un tiers du capital de Genfit.

Autre cas de figure inédit, la société marseillaise Innate Pharma, qui n'était pas en recherche de fonds en 2004, ouvre son capital à la demande expresse de son partenaire Novo Nordisk. En cinq mois, la start-up lève 15 millions d'euros, dont le tiers apporté par le groupe danois. Une opportunité extraordinaire au vu de la crise financière que traverse la biotechnologie française.

Dans ce contexte difficile, le soutien inconditionnel d'un actionnaire industriel n'a pas de prix. Dans le créneau risqué et capitalistique de la thérapie génique, Transgene a pu résister, face à ses homologues américains, grâce au support financier sans faille de BioMérieux (70,3 %). « A travers l'augmentation de capital que vous venons de lancer, notre objectif est de donner à Transgene davantage de ventilation financière tout en gardant le contrôle de la société. Arrivée à maturité, son expertise des vaccins thérapeutiques contre le cancer et son outil de bioproduction attirent aujourd'hui l'industrie pharmaceutique, commente Christophe Mérieux, vice-président de BioMérieux. Toutes proportions gardées, c'est en quelque sorte le modèle Genentech-Roche. »

 

CHANTAL HOUZELLE

Tous droits réservés (2005) LES ECHOS

Source
Les Echos
Date publication
01/07/05
 Thèmes
  Industrie
  R&D

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