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Current entry 53.  Un mode de vie plus sain éloignerait le cancer
Une bonne partie des cancers pourraient être évités par des changements de comportements et une politique de prévention efficace.
En dehors du cancer du poumon, les spécialistes américains estiment que près des deux tiers des cancers sont liés à des facteurs environnementaux dont au moins la moitié proviennent de la consommation de tabac...01/07/05


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Résumé

Chaque année, la liste des facteurs de risque du cancer s'allonge. Le tabac, certains solvants organiques, l'alcool, les radiations, quelques minéraux et virus font partie depuis longtemps des cancérogènes avérés. A cela vont s'ajouter des denrées alimentaires de consommation courante, l'obésité et le manque d'exercice. Il ne s'agit pas de substances induisant véritablement un cancer après une exposition prolongée, mais de déséquilibres ou de comportements favorisant l'apparition de la maladie.

« Une vie sédentaire couplée à un excès de poids augmente de 30 % à 50 % les risques de développer un cancer du sein postménopause, de l'endomètre, du rein ou du côlon mais nous ne savons pas expliquer ces phénomènes », explique Elio Riboli, qui dirige le service nutrition de l'Agence internationale de lutte contre le cancer à Lyon. A contrario, certains aliments comme les légumes, les céréales complètes ou le poisson possèdent un effet protecteur sur l'organisme.

 

 

Aux Etats-Unis, on estime que près des deux tiers des cancers sont liés à des facteurs environnementaux dont au moins la moitié proviennent de la consommation de tabac. De son côté, l'OMS indique que 30 % des cancers pourraient être évités grâce à des modes de vie plus sains. Selon d'autres experts, près de 70 % des cancers colorectaux sont la conséquence d'une alimentation déséquilibrée ou trop pauvre en fibres. Tous ces travaux confirment l'importance des comportements et des habitudes alimentaires dans le développement de la maladie. « On commence à avoir quelques certitudes et il reste beaucoup de mécanismes à explorer », juge Elio Riboli.

Réunis à Paris pour le congrès Eurocancer, les oncologues français ont dressé un bilan contrasté de leur activité. Côté positif, la multiplication des thérapies ciblées dont certaines apportent un gain de vie appréciable pour les patients. Côté négatif, l'extension continuelle d'un fléau qui tue 400 personnes par jour en France.

Première cause de mortalité chez les hommes, le cancer est une maladie de l'âge. Il représente aussi 37 % des décès prématurés chez les personnes jeunes, devant les accidents et les suicides. Autre inconnue qui tracasse les médecins hospitaliers : la croissance du prix des nouvelles thérapies. « Le coût d'une année de vie gagnée chez un malade est compris entre 50.000 et 60.000 euros contre 30.000 euros il y a quelques années », résume le professeur Philippe Rougier, chef de service à l'hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt.

« Cela va nous poser un problème énorme. Tôt ou tard il faudra se poser la question du rapport coût-bénéfice de ces molécules qui prolongent parfois de seulement quelques mois la vie des patients », indique le professeur Michel Marty, coordonnateur de l'innovation thérapeutique à l'hôpital Saint-Louis à Paris. Cette escalade du prix des anticancéreux a été également l'objet de nombreuses polémiques au cours du récent symposium annuel de l'oncologie (Asco) qui s'est tenu à Orlando.

C'est dans le domaine des cancers digestifs que l'apport des nouvelles thérapies est le plus impressionnant « L'arrivée de l'Imatinib (1) a radicalement changé le pronostic de ces tumeurs », indique le docteur Christophe Louvet du service d'oncologie médicale de l'hôpital Saint-Antoine à Paris. Initialement développé pour un cancer du sang rare (leucémie myéloïde chronique), cette molécule récente trouve désormais sa place pour soigner des tumeurs solides (tumeurs stromales gastro-intestinales ou GIST). Ce médicament produit par le suisse Novartis bloque un récepteur spécifique d'une protéine qui joue un rôle essentiel dans la signalétique de la cellule (une tyrosine kinase). Les GIST étaient à ce jour réfractaires à toutes les chimiothérapies connues.

Revers de la médaille, les premiers cas de résistance à l'Imatimib ont été rapportés, mais plusieurs dizaines de molécules ciblées sont en développement chez les industriels. « Nous n'en sommes qu'aux balbutiements. Le nombre de médicaments potentiellement actifs devrait augmenter de façon exponentielle dans les années qui viennent », assure Christophe Louvet.

Des progrès similaires ont été enregistrés dans les cancers colorectaux métastatiques. Là aussi, trois molécules inhibant un récepteur cellulaire spécifique (cetuximab, erlotinib et gefitinib [2]) et un anticorps monoclonal interdisant la vascularisation de la tumeur (bevacizumab [3]) ont considérablement élargi l'arsenal thérapeutique à disposition des cancérologues. A côté de ces bons résultats montent de nouvelles inquiétudes. A commencer par l'augmentation inexpliquée de cas de cancer du poumon chez les non-fumeurs. « Plus de 30 % des nouveaux cas que nous découvrons aujourd'hui concernent des gens qui n'on jamais fumé de leur vie », indique Thierry Le Chevalier de l'Institut national du cancer (Inca). Là encore on soupçonne un facteur environnemental non identifié.

 

Des chiffres alarmistes

  • Entre 1980 et 2000, le nombre de cancers est passé de 160.000 à 278.000 par an en France.
  • 41.000 décès annuels sont imputables au tabac et 16.000 à l'alcool.
  • Chez l'homme, le cancer du poumon est le plus fréquent avec 40.000 nouveaux cas par an.
  • Après le poumon, les cancers les plus fréquents chez l'homme sont la prostate (23.000nouveaux cas par an), le côlon (19.000) et les voies aérodigestives supérieures (21.000).
  • Chez la femme, le cancer du sein prédomine (42.000nouveaux cas par an), devant le côlon (19.000).

 

(1) Nom commercial : Glivec.(2) Noms commerciaux : Erbitux, Tarceva et Iressa.(3) Nom commercial : Avastin

 

ALAIN PEREZ

Tous droits réservés (2005) LES ECHOS

Source
Les Echos
Date publication
01/07/05
 Thèmes
  Santé

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