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la consommation d'antibiotiques fait de la résistance. Alors que les pouvoirs publics ont réussi à faire baisser de 21 % l'utilisation de ces médicaments en France entre 1999 et 2004, la consommation ne recule plus depuis cinq ans, selon un rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Depuis, les ventes d'antibiotiques se sont stabilisées autour de 30 doses journalières pour 1.000 habitants. En 2009, cela a représenté 157 millions de boîtes vendues, pour un chiffre d'affaires de 852 millions d'euros, et un coût de 556 millions pour l'assurance-maladie.
Les deux campagnes pluriannuelles mises en place par le ministère de la Santé depuis 2002 ont en partie porté leurs fruits puisque la France n'est plus la championne européenne de la consommation d'antibiotiques par habitant qu'elle était en 1999. Mais elle figure encore au... deuxième rang, derrière la Grèce, dont les ventes ont bondi dans le même temps de 25 %.
Selon le directeur général de l'Afssaps, un troisième plan national est en cours de finalisation. « Ayant pour objectif de maîtriser et de rationaliser la prescription, ces plans doivent conduire à un moindre -et à un meilleur -usage des antibiotiques, tant en ville qu'à l'hôpital » , explique Dominique Maraninchi.
Bactéries multirésistantes
L'enjeu dépasse les seuls gains espérés pour la Sécurité sociale. Il s'agit avant tout de lutter contre le développement des résistances aux antibiotiques (comme l'a illustré l'été dernier le cas de la fameuse bactérie NDM-1), intimement lié à leur surconsommation. Or face à cette menace, l'arsenal thérapeutique ne cesse de diminuer. « Au cours de la période 1999-2009, le nombre de substances antibiotiques disponibles en France a diminué de 15 %, passant de 101 à 86 » , relève l'Afssaps. En dix ans, 25 substances ont cessé d'être commercialisées, alors que seules 10 nouvelles ont été lancées.
Les craintes sont d'autant plus vives qu'environ 25.000 décès en Europe sont associés chaque année aux bactéries multirésistantes, dont 4.200 en France. Selon l'Agence, l'un des dangers réside dans le recours accru aux antibiotiques dits « de réserve », comme les carbapénèmes, dont l'utilisation devrait être limitée aux cas préoccupants.
La stagnation de la consommation d'antibiotiques est par ailleurs en ligne avec les tendances générales du marché des médicaments. L'an dernier, à la faveur des dispositifs de maîtrise des dépenses de santé (baisse du prix des médicaments, politique incitative en faveur des génériques, etc.), le chiffre d'affaires réalisé par les laboratoires dans l'Hexagone a stagné à 27,3 milliards d'euros, selon le Leem, le syndicat patronal du secteur. Notant qu'aucune progression des ventes n'est à attendre en 2011 et 2012, le Leem se félicite que les entreprises opérant en France aient trouvé des relais de croissance à l'international. « Les entreprises du médicament ont généré en 2010 un excédent commercial record de 7,3 milliards d'euros, réalisant un bond de près de 8 % par rapport à 2009 » , relève le syndicat.
LAURENCE BOLLACK
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