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Les investisseurs qui ont récemment misé sur Ipsogen peuvent se frotter les mains. Le cours de cette petite société marseillaise de biotechnologies s'est envolé hier de 61%. La plus forte hausse de la Bourse de Paris. Une conséquence directe de l'OPA annoncée en début de matinée par l'un de ses grands concurrents étrangers, Qiagen, qui a accepté pour mettre la main sur les technologies de cette PME de verser une prime de plus de 70 % par rapport au dernier cours de Bourse.
Des titres en forte ascension alors que les marchés font globalement grise mine. Dans la pharmacie et les biotechnologies, le cas n'est pas rare en ce moment. Cela peut être lié à une OPA, comme pour Ipsogen. A l'espoir qui monte sur un futur produit, tel que le coeur artificiel de Carmat, une « jeune pousse » dont la valeur a sextuplé depuis le début de l'année. Ou encore à une introduction en Bourse qui dépasse les attentes. Pour sa première journée de cotation, le titre de Global Bioenergies, une start-up fondée en 2008 sur le Genopole d'Evry, a ainsi bondi hier de 41 %.
Mais le mouvement va au-delà de quelques bonnes surprises. En Bourse, la santé au sens large est le secteur qui affiche les meilleures performances depuis le début de l'année à travers le monde. En moyenne, les valeurs de la pharmacie, du matériel médical, des biotechnologies, etc., ont grimpé de plus de 7 %. Les Bourses mondiales ont reculé de 1% dans le même temps. « Les craintes sur l'environnement macroéconomique et la Grèce ont favorisé les valeurs défensives, et particulièrement celles qui avaient eu de mauvaises performances en 2010 » , expliquent les experts de la Société Générale, dubitatifs quant à la poursuite de cette tendance.
De nouveaux managers offensifs
Philippe Lanone, analyste chez Natixis, se montre plus enthousiaste en évoquant des valeurs qui pour beaucoup se rapprochent de leur sommet historique de la mi-2007. « Pendant des années, les investisseurs se sont fait peur avec l'arrivée à échéance d'une série de brevets, un phénomène qui risquait de mettre à mal les grands laboratoires, explique-t-il. Or l'industrie a réussi ce test de résistance : cette année, malgré la fin des brevets, le bénéfice par action des laboratoires européens devrait progresser de 6 %. Très honorable pour un bas de cycle ! »
Selon lui, les investisseurs commencent seulement à redécouvrir les charmes du secteur. Une croissance qui reste solide même si elle est moins forte qu'avant. Des entreprises de plus en plus présentes dans les pays émergents, et moins menacées que dans le passé par la concurrence des génériques. Et de nouveaux managers offensifs. Les valorisations semblent attractives, ajoutent les analystes de Barclays : la pharmacie bénéficie actuellement d'une prime limitée à 13 % en termes de PER par rapport aux autres secteurs, alors qu'historiquement, elle atteignait 25 %.
DENIS COSNARD
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