|
Installée à Paris, l'entreprise cherche à lever des fonds pour financer le lancement en Europe, d'ici à deux ans, de ses stents très innovants. Ils sont destinés aux patients souffrant principalement de deux troubles cardiaques : la douleur de poitrine due à la constitution d'une plaque de cholestérol et l'infarctus du myocarde (crise cardiaque). Chaque année, quelque 3,4 millions de stents coronaires sont implantés dans le monde, ce qui représente un marché de 5 milliards de dollars par an.
Mise au point dans son centre de recherche de Princeton, aux Etats-unis, la technologie de Stentys semble apporter une vraie rupture. Il s'agit d'un stent auto-expansif qui se comporte comme un ressort pour s'adapter aux changements anatomiques des artères coronaires, après la phase aiguë de l'infractus du myocarde. « Nous sommes convaincus que notre solution, qui évite les mauvaises appositions des stents conventionnels, va pouvoir prendre une part significative dans cette indication thérapeutique », estime Gonzague Issenmann, directeur général. Il a cofondé la société en 2006 aux côtés du professeur Jacques Seguin, chirurgien cardiaque réputé qui est déjà à l'origine de CoreValve une start-up française spécialisée dans les valves cardiaques, achetée par l'américain Medtronic pour 700 millions de dollars en 2009.
Des résultats à confirmer
Depuis sa création, Stentys a déjà levé 16,2 millions d'euros auprès de trois capital-risqueurs : Sofinnova Partners, Scottish Equity Partners et Crédit Agricole Private Equity. Cet argent lui a donné les moyens de mener les essais cliniques nécessaires à l'obtention du marquage CE, qui lui a été délivré en début d'année.
Aujourd'hui, Stentys, qui emploie une vingtaine de personnes, se prépare à mettre en place des études cliniques à plus grande échelle pour confirmer les résultats obtenus. L'un des points clefs est d'éviter la formation de thromboses au niveau de l'implant, car le contact avec la paroi du vaisseau est quasi parfait par rapport aux stents conventionnels. « Nous voulons d'abord faire de notre technologie la référence en Europe, avant de nous attaquer au marché américain », conclut Gonzague Issenmann.
CHANTAL HOUZELLE
Tous droits réservés (2010) LES ECHOS
|