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S&P, la principale agence de notation financière mondiale, craint en effet que l'acquisition de Genzyme, payée entièrement en cash et financée par emprunt, ne dégrade durablement la solidité financière de Sanofi-Aventis. Si l'opération se concrétise aux conditions annoncées, le cash-flow opérationnel ajusté risque en particulier de représenter moins de 60 % de la dette nette, a indiqué hier Standard & Poor's. Et l'affaire devrait peser sur les comptes au moins jusqu'en 2011.
Plus fondamentalement, l'agence considère que le montage retenu par Sanofi-Aventis pour cette transaction, entièrement financée par l'endettement, constitue un signal : il indique que « la direction tient moins qu'avant à maintenir les ratios financiers » correspondant à ses notes actuelles. D'autres acquisitions financées par emprunt pourraient donc suivre, redoute l'agence, qui envisage en conséquence d'abaisser d'un cran les notes actuelles de Sanofi (AA-pour la dette à long terme et A-1+ pour celle à court terme).
Dialogue difficile avec Genzyme
Cette menace pourrait paradoxalement aider Chris Viehbacher. Le patron de Sanofi-Aventis est actuellement engagé dans un difficile dialogue avec Genzyme sur le prix d'une éventuelle transaction. Genzyme refuse pour le moment d'examiner son offre, estimant le prix de départ « irréaliste » . Il peut désormais s'appuyer sur Standard & Poor's pour montrer qu'il ne peut pas monter au cocotier.
D. C.
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