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Current entry  Genzyme : GlaxoSmithKline ne jouera pas les chevaliers blancs
Le laboratoire britannique ne vise pas des cibles à 18,5 milliards de dollars. En R&D, son objectif est de découvrir 2 fois plus de médicaments en 2015 qu'en 2006, avec le même budget de 4,2 milliards d'euros...07/09/10


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Chris Viehbacher, le directeur général de Sanofi-Aventis, n'a rien à craindre des « orange boys » d'outre-Manche : ses anciens collègues de GlaxoSmithKline (GSK) ne sont pas intéressés par Genzyme, la biotech américaine qu'il veut acheter pour 18,5 milliards de dollars (14,5 milliards d'euros). « Une offre de GlaxoSmithKline sur Genzyme n'a pas de sens, c'est trop cher » , a déclaré hier Moncef Slaoui, le patron de la recherche du laboratoire britannique, à l'occasion de l'inauguration du centre de recherches de GSK à Villebon-sur-Yvette (Essonne).  

GSK ne sera donc pas le chevalier blanc de Genzyme, un temps évoqué parmi d'autres « big pharmas » comme Pfizer ou Johnson & Johnson. « Genzyme est une entreprise de trop grosse taille pour intéresser GSK, qui ne regarde pas dans cette gamme de prix. De plus, Glaxo n'a pas envie de se battre avec Sanofi » , confirme un proche du groupe anglais.

Genzyme, qui ne veut pas se vendre à 69 dollars par action comme le lui propose le champion tricolore de la pharmacie, ne pourra compter sur le « levier » Glaxo pour faire monter les prix. Mais l'entreprise de Cambridge (Massachusetts), spécialisée dans les maladies rares, n'en est pas pour autant condamnée à affronter une OPA inamicale.  

« Je ne crois pas à une offre hostile. Sanofi n'aurait pas accès aux chiffres de Genzyme et, compte tenu des problèmes de production que connaît la biotech, ce serait beaucoup trop risqué. Une OPA hostile serait une erreur » , explique un bon connaisseur du secteur.  

De son côté, GSK n'est pas absent des maladies rares. Il a accès à ce domaine grâce à son partenariat avec le japonais JCR Pharmaceuticals, qui développe des traitements contre la maladie de Fabry ou les problèmes de croissance. « Ces pathologies sont importantes pour la recherche car elles présentent des similarités biologiques avec les maladies plus répandues. On peut observer un effet plus grand sur un nombre de patients restreint » , détaille Moncef Slaoui.

 

Pression sur les effectifs 

Le responsable de la recherche croit par ailleurs beaucoup aux partenariats, et voudrait voir la R&D répartie équitablement entre l'interne et l'externe, contre 60-40 actuellement. « Si la meilleure idée se trouve à l'extérieur de l'entreprise, il vaut mieux conclure un partenariat. Nous estimons qu'une façon différente de voir les choses est créatrice de valeur » , indique le dirigeant, en rappelant que 48 partenariats ont déjà été signés.  

Au final, l'objectif est bien d'augmenter la motivation et la productivité de la recherche. GSK veut « sortir » 2 fois plus de médicaments en 2015 qu'en 2006, avec le même budget de 3,5 milliards de livres (4,2 milliards d'euros). « Alors que nous avions 8 projets en phases tardives d'études cliniques en 2006, nous en avons 30 aujourd'hui » , se félicite Moncef Slaoui. Mais, la pression augmente sur les 12.000 chercheurs organisés en une quarantaine de « discovery performance units ». Les effectifs des scientifiques ont été réduits de 25 % et la superficie de leurs laboratoires de 15 %. La recherche a été arrêtée à Vérone, en Italie, dans les maladies psychiatriques, et des aires thérapeutiques telles que les maladies gastro-intestinales ou l'hypertension ont été abandonnées.

 

LAURENCE BOLLACK

Tous droits réservés (2010) LES ECHOS

 

Valérie Pécresse sanctuarise le crédit d'impôt recherche

« Le crédit d'impôt recherche sera sanctuarisé. » En inaugurant hier le centre de recherche de GlaxoSmithkline dans l'Essonne, la ministre de la Recherche Valérie Pécresse a voulu rassurer les industriels de la pharmacie qui craignaient pour la pérennité de cette mesure. « Cet outil a changé le regard des investisseurs étrangers sur la France », a noté la ministre. Le CIR permet aux entreprises d'obtenir un financement de leurs dépenses de R&D à hauteur de 50 %. L'an passé, l'enveloppe budgétaire du CIR a été triplée pour atteindre environ 3,8 milliards d'euros. Cet instrument ne fait toutefois pas l'unanimité. Ses détracteurs, dont l'administration fiscale, estiment que son efficacité économique n'est pas démontrée.

 

Tous droits réservés (2010) LES ECHOS

Source
Les Echos
Date de publication
07/09/10
 Thèmes
  Industrie

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