|
Séance boursière douloureuse pour Boiron. Le spécialiste français de l'homéopathie, connu notamment pour sa marque Oscillococcinum, a vu son action reculer de plus de 8 % hier, alors même que la Bourse grimpait nettement. Le titre est ainsi retombé à son plus bas niveau depuis octobre 2009.
C'est la réaction à des résultats jugés décevants. Le chiffre d'affaires est resté stable au premier semestre, à 221,5 millions d'euros, même si l'activité a été contrastée selon les régions. Les ventes se sont améliorées en Italie grâce à des prix en hausse, et en Espagne, aidées par la visite médicale. Elles ont à l'inverse reculé dans des pays tels que la Belgique, où les pathologies ont été faibles, et en Pologne, un pays lourdement affecté par la crise économique. L'activité a baissé aussi aux Etats-Unis, en raison d'une base de comparaison défavorable. « Il est toujours difficile de sortir d'une année extraordinaire , relève Philippe Montant, le directeur général adjoint de Boiron. Mais n'oublions pas que nous avons par ailleurs beaucoup investi et beaucoup produit au premier semestre, car les stocks des pharmaciens et des grossistes étaient très faibles. »
Des mouvements qui ont pesé sur le résultat opérationnel, en repli de 55,1 %, à 9,2 millions d'euros, et sur le résultat net, en chute de 62,4 %, à 5,1 millions.
Laboratoire interne de recherche
Boiron continue à investir pour développer sa fabrication. Le laboratoire, qui a multiplié par 2 ses capacités de fabrication d'unidoses entre 2007 et 2010, veut encore les doubler d'ici à 2011. Ses dépenses visent aussi à moderniser son informatique et à renforcer ses équipes. Les investissements, qui ont totalisé 17 millions d'euros au premier semestre, doivent atteindre 50 millions sur l'année, tout comme en 2011. Le groupe entend par exemple disposer l'an prochain d'un laboratoire interne de recherche, pour ne pas dépendre de ses sous-traitants.
Globalement, sa stratégie n'a pas varié : Boiron veut continuer à s'internationaliser et à développer ses produits de spécialités (par rapport aux médicaments à nom commun) comme Oscillococcinum, Camilia, Cocculine, Sédatif PC ou le sirop Stodal. « Entre 2004 et 2009, la part des ventes des spécialités dans notre chiffre d'affaires est passée de 29 % à 40 %, et l'international représente aujourd'hui près de la moitié de l'activité contre moins du tiers il y a cinq ans. Même si l'année 2010 est plus délicate, nous ne modifierons en rien cette tendance » , explique Philippe Montant.
Le dirigeant avertit néanmoins que les résultats de l'exercice seront inférieurs à ceux de 2009, tant en termes de ventes que de rentabilité.
L. BO.
Tous droits réservés (2010) LES ECHOS
|