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Matthieu Frechin aime le shopping. Après des acquisitions en Italie en 2008 et en Inde l'an dernier, le directeur général de Vétoquinol prévoit déjà de nouvelles emplettes. Le laboratoire français spécialisé en santé animale, numéro dix mondial du secteur, dispose de 200 millions d'euros pour faire ses achats. « Compte tenu de 176 millions d'euros de fonds propres, nous pouvons raisonnablement additionner 170 millions de dette et 30 millions d'augmentation de capital », détaille Matthieu Frechin.
Les cibles ? Des traitements destinés aux animaux de compagnie dans le monde, et aux animaux de rente en Europe. Le processus de cession d'activités engagé par Sanofi-Aventis et Merck pour être autorisés à fusionner leurs pôles de produits vétérinaires Merial et Intervet sera évidemment scruté de près. Les enchères vont démarrer très prochainement pour un rapprochement qui doit être effectif au premier trimestre 2011. Vétoquinol compte s'intéresser aux anti-infectieux et aux antiparasitaires, mais pas aux vaccins, un secteur dans lequel le groupe de Lure (Haute-Saône) ne veut pas se lancer.
Le Brésil en ligne de mire
Le laboratoire est également prêt à frapper fort aux Etats-Unis, un marché qu'il connaît bien, et cherche des opportunités en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni pour gagner des parts de marché. L'autre dossier chaud du moment se situe au Brésil, où l'entreprise cherche à s'implanter. « Nous sommes très présents dans les pays matures mais peu actifs dans les régions émergentes. Or le Brésil est désormais le deuxième marché mondial de la santé animale », explique le dirigeant. Tous ces projets doivent aboutir en 2011.
En attendant, Vétoquinol peut se targuer de bons résultats. La société a vu son chiffre d'affaires progresser de 15,1 % au premier semestre, à 138 millions d'euros, grâce au nouvel apport des ventes réalisées en Inde et à la bonne tenue de l'activité en Amérique du Nord. Le chiffre d'affaires a notamment été tiré par le lancement aux Etats-Unis du Surolan, contre les otites du chien. Dans le même temps, le résultat net s'est amélioré de 25,5 %, à 11,6 millions d'euros.
De nouveaux lancements sont attendus cette année, avec la mise sur le marché, début septembre en Amérique du Nord, du Zylkène contre le stress des animaux de compagnie. Entre trois et cinq nouveaux lancements sont par ailleurs prévus en 2011, dont ceux d'un anti-infectieux pour les animaux de rente et d'un anti-inflammatoire pour les animaux de compagnie.
D'ici là, Vétoquinol se veut prudent. La croissance du second semestre sera inférieure à celle des six premiers mois de l'année en raison d'un effet de base moins favorable. Mais le modèle d'une croissance organique comprise entre 4 et 5 % par an reste plus que jamais d'actualité.
L. BO.
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