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Sanofi-Aventis est passé à l'offensive, hier soir, en s'adressant directement aux actionnaires de Genzyme, après le refus du patron de la biotech américaine d'entamer les discussions. Le groupe dirigé par Chris Viehbacher offre 69 dollars par action du spécialiste mondial des maladies rares. La proposition d'achat, d'un montant total de 18,5 milliards de dollars (soit 14,5 milliards d'euros) et exclusivement en numéraire, pourrait précéder une OPA, Sanofi-Aventis étant très déterminé à la voir aboutir. Son financement, confié à BNP Paribas, JP Morgan et la Société Générale, est en place. Genzyme, affecté actuellement par des problèmes de production, s'est diversifié dans les traitements du cancer, un des grands axes thérapeutiques de Sanofi-Aventis.
« Nous pouvons les aider à résoudre leurs problèmes de production »
CHRIS VIEHBACHER
Quel intérêt représente Genzyme, alors que Sanofi-Aventis n'est pas présent dans les maladies rares ?
Pour nous, c'est le moyen d'ajouter une plate-forme de croissance durable, au moment où nous perdons d'importants volumes de chiffre d'affaires avec l'arrivée des génériques de Plavix en Europe, et d'Eloxatine et de Lovenox aux Etats-Unis. Les médicaments de Genzyme ont une forte valeur ajoutée et, même si les traitements sont chers, il reste une forte demande : alors que 25 millions d'Américains souffrent d'une maladie orpheline, seuls 6 millions d'entre eux bénéficient aujourd'hui d'un traitement adapté.
Quelles sont les synergies potentielles entre les deux laboratoires ?
Il est trop tôt pour entrer dans les détails mais il est évident que nous pouvons les aider. Après plusieurs années de succès, Genzyme a sous-performé par rapport à d'autres sociétés de biotechnologies. La diversification qu'ils ont entreprise n'a pas créé de valeur. Genzyme ne réalise plus que 40 % de son chiffre d'affaires dans les maladies orphelines ; sur les 60 % restants, la société ne dispose pas de la masse critique. Ils ont par exemple développé toute une gamme d'anticancéreux qui pourraient être complémentaires de notre propre franchise également basée à Cambridge, dans le Massachusetts. Par ailleurs, nous sommes sensibles à leur modèle commercial très orienté, comme le nôtre, vers le patient. Il est évident que toute cette culture doit être préservée. Notre idée n'est pas de la changer, mais bien de garder la spécificité de l'entreprise.
N'êtes-vous pas rebuté par les problèmes de production ?
Nous aurons sûrement l'occasion de procéder à des due diligence [examen approfondi, NDLR]. Là encore, nos compétences et nos moyens peuvent être utiles à Genzyme. Les produits biologiques sont difficiles à fabriquer mais nous maîtrisons ces technologies. Nous dédions d'ailleurs notre centre de Vitry à ce type de productions. Et certains processus de remplissage et d'emballage sont très similaires à ceux de nos usines, par exemple lorsque nous produisons Lovenox, l'insuline Lantus ou des vaccins.
Quel délai donnez-vous à Henri Termeer, le patron de Genzyme, pour vous répondre ?
C'est difficile à dire dans la mesure où il s'agit d'une grande transaction pour les deux parties. L'objectif est aujourd'hui de se rencontrer pour discuter. Nous voulons montrer notre détermination et notre sérieux, sans être menaçants tout de suite. Pas mal de temps peut encore s'écouler.
PROPOS RECUEILLIS PAR L. BO.
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