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Le silence devient pesant. Sanofi-Aventis, qui refuse toujours de s'exprimer sur son intérêt pour la biotech américaine Genzyme, a reculé de 2,36 % hier à la Bourse de Paris, à 44,74 euros, davantage que le marché déjà orienté à la baisse. Le champion tricolore de la pharmacie éprouverait des difficultés à convaincre Genzyme du bien-fondé de son offre d'achat à 69 dollars par action, selon le « Wall Street Journal », qui évoque de profondes divergences quant au seuil de prix auquel pourrait démarrer l'examen approfondi des comptes (« due diligence ») de la société cible. Les dissensions seraient telles que Sanofi aurait envisagé la semaine dernière de lancer une offre hostile, avant de se raviser.
Proposer 18,4 milliards de dollars (14,5 milliards d'euros) pour prendre le contrôle de la société de Cambridge (Massachusetts) serait loin de satisfaire certains membres du conseil de Genzyme, et l'entreprise n'ouvrirait pas ses livres de comptes à moins de 75 dollars par action. Selon des sources citées par le journal, elle ne serait même pas prête à se vendre à moins de 80 dollars par action. Quant au patron de Genzyme, Henri Termeer, aux manettes depuis près de trente ans et grand défenseur de l'indépendance de l'entreprise, il serait carrément hostile à toute cession, bien qu'il y ait un intérêt financier (« Les Echos » du 10 août).
Nouveaux médicaments
Du côté de Sanofi, on cherche à ne pas surpayer une société qui connaît des problèmes de production sur son site d'Allston, dans le Massachusetts, à la suite d'une contamination. Le groupe dirigé par Chris Viehbacher est d'autant moins enclin à casser sa tirelire que le temps joue en sa faveur. Alors que l'action Genzyme était montée à 70,97 dollars le 3 août, elle avoisinait hier les 67,55 dollars. « Le plus probable est que cette opération se réalisera, mais à un prix pas trop élevé, plutôt aux alentours de 75 dollars. Car si Sanofi échoue à acquérir Genzyme, on se retrouvera dans une situation délétère, avec un marché qui fantasmera sur ce que le groupe peut acheter d'autre » , estime un analyste parisien.
Roche a pour sa part été plus expéditif. Au lendemain de l'acquisition de la société californienne BioImagene, le géant suisse de la pharmacie a annoncé hier une alliance avec Aileron Therapeutics, une biotech de Cambridge. Les deux entreprises collaboreront dans la recherche de nouveaux médicaments visant les principaux domaines thérapeutiques de Roche, qui vont de l'oncologie à la virologie en passant par les problèmes d'inflammation, de métabolisme et les maladies du système nerveux central. Roche effectuera un premier versement de 25 millions de dollars. Mais le montant de la transaction pourrait aller jusqu'à 1,1 milliard en fonction des résultats obtenus au cours des différentes étapes de développement des molécules. A cette somme pourront s'ajouter des royalties sur les ventes de médicaments.
LAURENCE BOLLACK
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