|
Numéro un mondial des ultrasons thérapeutiques, Edap TMS évolue dans le champ des traitements non invasifs et donc moins traumatisants que la chirurgie classique. Cette entreprise est issue du rapprochement en 1994 entre deux rivaux : le parisien Edap s'est alors emparé du lyonnais Technomed Medical Systems (TMS) dont il a adopté la région en quittant Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne) pour Vaulx-en-Velin (Rhône). Autre spécificité : l'entreprise est cotée depuis 1997 au Nasdaq de New York qui, le 17 décembre 2007, a invité Marc Oczachowski, le directeur général, à célébrer dix ans de cotation. En qualité d'hôte d'honneur de la Bell Ceremony, le quadragénaire a sonné, du balcon dominant Times Square, la cloche marquant la fin de la séance du jour.
Pour revenir à la genèse, Edap a été créé en 1979 par une équipe de chercheurs de la Compagnie Générale de Radiologie (CGR), une filiale de Thomson. TMS est né en 1985 à partir des travaux de recherche du professeur Jean-Michel Dubernard, chirurgien et transplanteur en urologie à l'hôpital Edouard-Herriot de Lyon, et de son équipe dans le cadre de l'unité Inserm alors dirigée par Claude Fourcade. « Pour industrialiser leur lithotriteur [machine à fragmenter les calculs rénaux par ondes de choc, NDLR], ils se sont alors tournés vers des investisseurs… Et ils ont vu pas moins de 69 financiers dont le dernier fut le bon. La société pouvait alors être portée sur les fonts baptismaux » , avant de déposer le bilan en 1993, raconte l'actuel dirigeant.
La lithotritie continue à assurer un peu plus de la moitié des ventes consolidées (24,9 millions d'euros en 2009, dont 80 % à l'exportation) d'Edap TMS qui annonce un parc installé dans le monde de quelque 550 lithotriteurs Sonolith, dont la société assure aussi la maintenance. Toutefois, ce marché est mature dans la mesure où il s'agit désormais surtout de pourvoir au remplacement des machines de première génération. Afin de s'assurer un relais de croissance, l'entreprise, qui compte 150 collaborateurs dont 50 à l'étranger, a exploité le filon de la technologie Hifu (ultrasons à haute intensité appartenant à la même famille que les ondes de choc) en ciblant, dans un premier temps, les cancers localisés de la prostate. « Nous avons déjà déposé 61 brevets. Sur le même modèle de collaboration qui a prévalu pour le lithotriteur, nous nous sommes appuyés à la fois sur les cliniciens du service du professeur Dubernard et les chercheurs du laboratoire Inserm U556 » , indique Marc Oczachowski.
Ce nouvel appareil, l'Ablatherm, qui a obtenu en 2000 le marquage CE, a été commercialisé en 90 exemplaires et 23.000 patients ont été traités dans différents pays. L'acte est remboursé en Allemagne, en Italie, en Grande-Bretagne (au cas par cas) ou encore en Hollande pour les échecs de la radiothérapie. En France, « nous avons saisi pour la deuxième fois, en 2008, la Haute Autorité de la santé. Nous attendons une réponse d'ici à la fin de l'année. L'intérêt que l'Association française d'urologie porte à l'Ablatherm nous rend optimistes » , se rassure le patron. Aux Etats-Unis, le fabricant a engagé les essais cliniques en vue d'obtenir l'agrément de la FDA (Food and Drug Administration) fin 2012, voire début 2013. Cette démarche est financée grâce aux 20 millions de dollars levés sur le Nasdaq en 2007. Outre la prostate, l'entreprise mène des études sur le cancer du foie avec le centre hospitalier lyonnais Léon-Bérard. Preuve supplémentaire s'il en était besoin que la société est déterminée à conserver son leadership alors que tous les grands du secteur (Siemens, General Electric, etc.) ont mis le pied à l'étrier du Hifu.
MARIE-ANNICK DEPAGNEUX
Tous droits réservés (2010) LES ECHOS
|