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Sanofi-Aventis parviendra-t-il à acquérir Genzyme ? Une semaine après que le champion tricolore de la pharmacie a, selon des sources concordantes, offert 14 milliards d'euros pour mettre la main sur la société américaine de biotechnologies (« Les Echos » du 4 août), les deux entreprises sont toujours muettes sur l'opération. Mais les documents publiés par l'entreprise de Cambridge (Massachusetts) montrent que son patron a un intérêt personnel direct à une cession
A la tête de Genzyme depuis près de trente ans et grand défenseur de l'indépendance de l'entreprise, Henri Termeer ne toucherait pas moins de 20 millions de dollars (15 millions d'euros) en cas de changement dans le contrôle de la société, selon des accords figurant dans le dernier document de référence de Genzyme. Une modification de l'actionnariat qui sera réputée s'être produite en cas de « fusion, échange d'actions ou consolidation avec une autre entreprise ou vente de tout ou presque de nos actifs ». Peu empressé à communiquer sur la proposition du champion tricolore de la pharmacie, le spécialiste des maladies génétiques rares espère sans doute faire monter les enchères.
Se renforcer dans l'oncologie
Mais, pour l'heure, les marchés n'anticipent guère de bataille boursière qui ferait flamber les prix : l'action Genzyme, qui avait frôlé les 71 dollars le 3 août à l'ouverture de la séance, est retombée depuis. Hier, elle reculait encore de 0,22 % en séance, à 69,18 dollars.
Côté assaillant, on cherche à ne pas surpayer la cible. Chris Vieh-bacher, le directeur général de Sanofi-Aventis, aurait pour mission de ne pas dépasser de beaucoup les 70 dollars par titre Genzyme. Or le patron peut se vanter d'une certaine efficacité dans les transactions : depuis son arrivée à la tête du groupe, il y a dix-huit mois, il a réalisé une cinquantaine d'opérations, déboursant 9 milliards de dollars au total. Même s'il s'apprête à dépenser le double pour une seule transaction, il ne s'agirait, selon sa terminologie, que d'une acquisition de taille moyenne.
Chris Viehbacher est tout sauf un adepte des mégafusions, en général justifiées par les synergies entre entreprises. Dans le cas de Genzyme, l'objectif de Sanofi consiste plutôt à étoffer son portefeuille de produits, notamment en oncologie, premier domaine thérapeutique au monde, avec plus de 52 milliards de dollars de ventes en 2009. Dans ce secteur, Genzyme attend beaucoup du Clolar, contre certaines leucémies. De nouvelles données doivent être publiées au dernier trimestre. Au cours de la période avril-juin, les ventes de cet anticancéreux ont déjà progressé de près de 30 %. Quant à Sanofi-Aventis, il s'est déjà renforcé en oncologie en acquérant les américains BiPar et TargeGen, et en nouant des partenariats avec Exelixis, Merrimack, Micromet et Ascenta.
L. BO.
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