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Une très belle entreprise, temporairement affaiblie par de gros problèmes de production et une bataille avec quelques actionnaires mécontents. Ajoutez à cela un PDG emblématique, mais en passe de partir après avoir piloté l'affaire depuis près de trente ans. Sur le papier, Genzyme constitue une cible parfaite pour une OPA.
C'est bien le raisonnement de Sanofi-Aventis. A court terme, son patron, Chris Viehbacher, sait bien que Genzyme n'est pas au mieux de sa forme.
Créée en 1981, cette société de Cambridge, à côté de Boston aux Etats-Unis, a grandi grâce au succès de ses médicaments contre des affections génétiques rares, comme la maladie de Gaucher. Elle est ainsi devenue l'un des poids lourds des biotechnologies, avec quelque 12.000 personnes, pour un chiffre d'affaires de 4,5 milliards de dollars en 2009.
Mais, depuis quelques années, elle commence à se heurter aux mêmes problèmes que les grands laboratoires traditionnels. La croissance de ses principaux médicaments ralentit et les nouveaux produits tardent à prendre le relais.
Les difficultés ont pris un tour plus âpre en juin 2009, lorsqu'un virus a été détecté dans un bioréacteur de la principale usine de Genzyme, à Allston, dans le Massachusetts. Il a alors fallu vérifier que les lots en circulation n'étaient pas contaminés, stopper la production de deux des principaux médicaments du groupe et organiser le rationnement des malades. Depuis, sous l'oeil très sourcilleux des autorités américaines de santé (la FDA), Genzyme s'est engagé dans un programme pour améliorer les conditions de production à Allston, redémarrer progressivement l'activité et transférer d'ici à la fin novembre une partie de la fabrication dans d'autres sites.
Lourde perte
Mais tout cela s'est traduit par une détérioration des relations avec la FDA, un manque à gagner important, des coûts élevés qui ont entraîné une lourde perte au premier semestre, et par une chute du cours de l'action. De quoi inciter quelques actionnaires, comme le milliardaire Carl Icahn, à monter au front contre le patron, Henri A. Termeer, âgé de soixante-quatre ans. Celui-ci a dû lui accorder quelques sièges au conseil. Il a aussi promis un plan d'action plus global, avec des cessions d'actifs et 2 milliards de dollars de rachat d'actions.
Les hommes de Sanofi-Aventis, cependant, voient plus loin. Le groupe français peut espérer un règlement assez rapide des problèmes de production, qui permettrait de faire repartir le chiffre d'affaires, après une année où il risque de baisser de 2 % à 3 %. Surtout, le modèle Genzyme reste intéressant. Il consiste à mettre au point des produits biotechnologiques correspondant à de vrais besoins médicaux et à les vendre très cher : ses traitements contre la maladie de Gaucher ou celle de Fabry peuvent coûter jusqu'à 300.000 dollars par an.
Dans cette logique, Genzyme travaille sur de futurs produits contre la sclérose en plaques, l'hypercholestérolémie, certains cancers. Au-delà des difficultés du moment, c'est ce pipeline prometteur que convoite Sanofi.
D. C.
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