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En ces temps de déficits publics record, voilà une nouvelle rassurante pour les comptes de la Sécurité sociale. Les remboursements de l'assurance-maladie sont restés conformes aux prévisions au cours des six premiers mois de l'année. En tout cas pour les soins de ville (hors hôpital), qui représentent un peu moins de la moitié du total. Les données ne sont encore pas fiables ou pas disponibles pour les hôpitaux et pour le secteur médico-social (établissements pour personnes âgées et handicapées).
Pour la période janvier-juin 2010, les remboursements de soins de ville ont progressé de 3,1 %, et même de 2,7 % si l'on corrige des variations saisonnières et des retards de facturation. C'est juste en dessous de la progression de 2,8 % fixée par le gouvernement au printemps et qui tient compte des dépassements de l'an dernier. Autrement dit, les dépenses de santé en ville sont dans les clous. Voire légèrement plus basses.
Plusieurs points positifs
A commencer par les honoraires des médecins et des dentistes, qui représentent à eux seuls un gros quart des soins délivrés en ville. Ils n'ont pratiquement pas augmenté au premier semestre (voir graphique) et ils ont même reculé sur le seul mois de juin. Les consultations de généralistes sont en baisse par rapport au début de l'année dernière, qui avait été marqué par le pic de l'épidémie de grippe saisonnière. Cette stagnation explique que les syndicats de médecins aient réclamé et obtenu la revalorisation du tarif de la consultation au 1 er janvier prochain.
Les dépenses sont plus dynamiques pour les auxiliaires médicaux. Notamment pour les soins infirmiers (+ 9,7 %), qui sont particulièrement difficiles à brider. La tendance « reste modérée » pour les kinés, observe la Caisse nationale d'assurance-maladie. Même modération pour les médicaments (+ 1,5 %). Dernier point positif, les indemnités journalières, versées en compensation des arrêts maladie, semblent enfin ralentir, après trois ans de forte croissance : elles ont progressé de 4,9 % depuis le 1 er janvier et de seulement 2,7 % en juin. La tendance demande cependant à être confirmée.
Ces données permettent d'espérer un respect de l'objectif de dépenses de soins de ville fixé dans le budget de la Sécurité sociale pour 2010. Au pis, le dérapage serait limité. Pour les hôpitaux, il est trop tôt pour se prononcer. Un strict respect de l'objectif de dépenses serait un événement, car cela n'a jamais été le cas depuis plus de dix ans. Paradoxalement, même s'il était respecté cette année, cela n'empêcherait pas le déficit de l'assurance-maladie de battre un nouveau record. Le gouvernement prévoit un « trou » de 13,1 milliards d'euros pour la branche maladie. Ce gouffre sans précédent s'explique essentiellement par la très faible progression des recettes (cotisations sociales et CSG assises sur la masse salariale). Il pourrait être un peu moins profond qu'attendu, car la masse salariale devrait progresser plus vivement que prévu.
VINCENT COLLEN
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