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Rares sont les jeunes entreprises de biotechnologies françaises courtisées avec autant d'ardeur par les grands laboratoires mondiaux. C'est le cas de Cerenis Therapeutics, mais sa situation enviable ne doit rien au hasard. Car l'expertise de cette société toulousaine fondée en 2005, qui possède aussi une filiale à Ann Harbor aux Etats-Unis, n'a pas de prix pour les groupes pharmaceutiques qui cherchent des innovations de rupture dans deux domaines thérapeutiques prioritaires en matière de santé publique : les maladies cardiovasculaires et les désordres métaboliques (diabète, obésité).
Pour lui donner les moyens de poursuivre son développement sans devoir céder prématurément aux appels des majors de la pharmacie, tous ses investisseurs historiques soutiennent cette entreprise sans réserve. Suivant les pas de Sofinnova Partners, HealthCap, Alta Partners, TVM Capital, EDF Ventures, Orbimed et Daiwa viennent de lui apporter une nouvelle enveloppe de 20 millions d'euros, doublée par le FSI qui fait son entrée au capital de Cerenis Therapeutics à l'occasion de la troisième levée de société annoncée aujourd'hui à 40 millions d'euros. Son président fondateur Jean-Louis Dasseux, qui a évidemment participé à cette opération, se dit ravi «d'accueillir le FSI comme nouvel investisseur et d'avoir reçu un fort soutien de nos actionnaires historiques, qui vient appuyer la reconnaissance de l'approche innovante de Cerenis et de son projet prometteur» .
Preuve s'il en est besoin que ce dossier est hautement stratégique pour le FSI, le fonds détenu à 51% par la Caisse des Dépôts et 49% par l'Etat, sera représenté au conseil d'administration de Cerenis Therapeutics par une figure de la pharmacie mondiale, Jean-Pierre Garnier, ancien PDG de GlaxoSmithKline qui quittera la présidence du directoire des Laboratoires Pierre Fabre, le 1er septembre prochain. «Sa grande expertise constitue un réel avantage pour la mise en place de notre nouvelle stratégie thérapeutique HDL à destination des maladies cardiovasculaires et métaboliques» , estime Jean-Louis Dasseux.
10,7 millions d'euros supplémentaires accordés par Oseo
Avec ses nouvelles thérapies HDL (lipoprotéines de haute densité), Cerenis Therapeutics va à contre-courant des traitements actuels, tels les statines et les fibrates qui cherchent à faire baisser le taux de mauvais cholestérol (LDL) dans le sang. A l'inverse, son approche thérapeutique vise à utiliser et à reproduire les fonctions bénéfiques des HDL, que l'on appelle aussi le bon cholestérol, pour réduire les nouveaux dépôts et la plaque d'athérome existante dans les vaisseaux sanguins.
D'où cette levée de fonds record de l'année qui n'est pas un coup d'essai pour la société ayant déjà à son actif deux premiers tours de table sans précédent en France : 25 millions d'euros en septembre 2005 et 42 millions d'euros en novembre 2006. Avec une trésorerie disposant de 40 millions d'euros supplémentaires, la société va pouvoir financer en priorité la phase II de son programme le plus avancé, le CER-001, un mimétique du HDL pour le traitement des maladies cardiovasculaires. Le développement de ce produit phare se trouve d'ailleurs au coeur du partenariat que Cerenis Therapeutics a noué en 2007 avec Novasep, spécialisé dans les technologies de production et de purification des matières vivantes, qui vient de leur valoir une aide d'OSEO de 10,7 millions d'euros. «Ce financement public est une étape décisive vers le développement de meilleurs traitements des maladies cardiovasculaires. Novasep a démontré son expertise dans la purification des protéines en résolvant un problème de production que rencontrait l'industrie depuis des dizaines d'années» , souligne Jean-Louis Dasseux.
CHANTAL HOUZELLE
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