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Née d'une rupture technologique en 2005, la start-up aixoise SuperSonic Imagine va procéder cet été à une 4 e levée de fonds pour financer le développement commercial d'une nouvelle application de son système d'imagerie médicale. Chiffrée à 25 millions d'euros, l'opération sera réalisée avec les actionnaires historiques de l'entreprise (Auriga, Biocam, Crédit Agricole, Edmond de Rothschild, Wellington Partners, NBGI) et 2 nouveaux investisseurs. Elle s'ajoute à un total de 36,5 millions d'euros déjà apporté pour la mise au point et le lancement commercial de son échographe, et laisse 20 % des parts aux 80 employés et 8 cofondateurs, dont Jacques Souquet, président, et le prix Nobel de physique Georges Charpak.
Détection précoce du cancer
La technologie mise au point par SuperSonic Imagine offre une mesure inédite de l'élasticité des tissus explorés en plus de leur image anatomique en 3 dimensions. « Avec ce système d'élastographie par ultrasons, nous offrons la possibilité aux radiologues de palper objectivement les organes auscultés à travers ses instruments », explique le chercheur. L'innovation est protégée par 23 brevets et a déjà trouvé 2 applications. La première a été lancée fin 2008 pour la détection précoce du cancer du sein. « Son évaluation clinique réalisée sur 2.000 patients dans 17 centres cliniques a montré que nous pouvions faire l'économie de la moitié des biopsies réalisées, ce qui représente une avancée décisive en termes d'économies et de confort pour les patientes », poursuit Jacques Souquet. L'an passé, son entreprise a réalisé 5 millions d'euros de chiffre d'affaires avec cette seule application.
Forte de ce premier succès, l'équipe s'est attaquée fin 2009 au diagnostic des fibroses du foie (hépatite et cirrhose) qui ne peuvent être aujourd'hui évaluées que par biopsie, et prépare pour octobre la sortie d'une nouvelle application permettant de mesurer la dureté de la prostate, un examen indispensable pour le diagnostic précoce d'affections cancéreuses.
Le marché est énorme : 1,45 milliard de dollars par an pour ces seules applications de l'échographie que dominent 3 industriels, General Electrics, Siemens et Philips. « Nous avons l'ambition de recréer en France le pôle industriel d'imagerie médicale qui a disparu dans les années 1980 avec la cession de la Compagnie Générale de Radiologie », explique le président. Pour cela, l'entreprise dispose du label CE et des approbations pour les marchés américains et japonais qui lui ont déjà permis de réaliser 70 ventes dans 50 pays, toujours dans le cadre d'appels d'offres face aux géants du secteur.
Apport de nouveaux capitaux
SuperSonic Imagine dispose d'un argument massue : bien que révolutionnaire, sa technologie est proposée à un prix inférieur de 30 % au haut de gamme de ses concurrents grâce à l'emploi d'une architecture logicielle très flexible empruntée à l'industrie du jeu vidéo. L'apport de nouveaux capitaux doit permettre à l'entreprise d'accélérer son internationalisation. Elle prévoit de vendre environ 600 machines en 2013 pour 45 millions d'euros de chiffre d'affaires. A cette date, elle estime qu'elle pourra dégager ses premiers bénéfices et être cotée en Bourse afin de disposer des moyens de rafler 15 % du marché mondial de l'imagerie médicale d'ici à cinq ans
PAUL MOLGA
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