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Pour la troisième année d'affilée, les tarifs des analyses médicales vont être rabotés en 2011. C'est maintenant quasi certain, le gouvernement annoncera cette baisse qui affectera les biologistes à l'automne, lors de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Seule incertitude, le montant exact des économies que cela représenterait pour l'assurance-maladie. « Cela devrait être compris entre 100 et 150 millions d'euros » , indique une source gouvernementale. Le chiffre retenu pourra varier, notamment, en fonction des efforts demandés à d'autres professionnels de santé, comme les radiologues.
Déjà mis à contribution
« Nous sommes furieux » , réagit Jean Benoît, le président du Syndicat des biologistes, qui vient d'écrire au directeur général de la Caisse nationale d'assurance-maladie (CNAM), Frédéric Van Roekeghem, pour protester. Les biologistes considèrent qu'ils ont déjà été largement mis à contribution. Depuis 2009, chaque budget de la Sécurité sociale prévoit une centaine de millions d'euros d'économies sur leurs tarifs. Du coup, la croissance des dépenses remboursées d'analyses médicales, très forte au début des années 2000, a été bridée (voir graphique). Elle a même été presque nulle en 2008. Les baisses de prix permettent de compenser en grande partie la progression des volumes d'analyses réalisées, qui augmente de plus de 5 % par an.
L'argumentaire de l'assurance-maladie est bien rodé. Certaines analyses médicales coûtent moins cher à réaliser, grâce au progrès technologique. « Dix-huit des 20 actes les plus importants en volume et en dépense sont désormais automatisés, ce qui conduit à des coûts marginaux très faibles dans le cas de certaines analyses » , relevait la Cour des comptes en septembre. La rentabilité des activités des biologistes atteint des niveaux élevés, sans être justifiée par un risque important. » Les prix facturés sont nettement plus élevés que chez nos voisins. « Le coût unitaire des actes est, en France, de 2 à 10 fois supérieur à celui de la Belgique et de l'Allemagne », observe le rapport soumis au conseil de la CNAM la semaine dernière.
Des comparaisons délicates
L'assurance-maladie aimerait modifier la structure même des tarifs : le forfait facturé par patient serait relevé, mais le prix des actes les plus courants serait réduit. Le Syndicat des biologistes rétorque que les comparaisons internationales « sont extrêmement délicates, car les systèmes de soins sont très différents » . « Nous sommes prêts à discuter d'une baisse des tarifs des actes courants, assure Jean Benoît, mais à condition de mettre l'ensemble des rémunérations de la biologie sur la table. »
VINCENT COLLEN
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