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Chris Viehbacher fait preuve d'une belle ténacité. Un an après avoir travaillé sur une énorme opération aux Etats-Unis, finalement jugée trop risquée (« Les Echos du 11 juin 2009 »), le directeur général de Sanofi-Aventis n'a pas abandonné l'idée. Le champion tricolore de la pharmacie planche actuellement sur une transaction de 20 milliards de dollars ou même plus outre-Atlantique, rapportait vendredi l'agence Bloomberg. Le dirigeant a réuni les administrateurs la semaine dernière, mais l'opération n'en serait qu'à un stade très préliminaire et un accord avec la cible pourrait tout aussi bien ne pas être trouvé, toujours selon l'agence.
Quelle pourrait être la proie potentielle de Sanofi ? Les noms d'Allergan, fabricant californien du fameux Botox et spécialiste de l'ophtalmologie, de Biogen Idec (traitements de la sclérose en plaques) et de Genzyme (maladies rares) circulent avec insistance. Si le cours de Bourse des deux derniers a progressé, celui du premier a carrément bondi, gagnant 8,6 % en séance vendredi.
Trois éléments militent en faveur d'une acquisition d'Allergan. Tout d'abord, sa force de frappe en ophtalmologie, un des grands axes de recherche de Sanofi-Aventis. Depuis l'acquisition du français Fovea en octobre, pour un montant pouvant aller jusqu'à 370 millions d'euros, le groupe bâtit une plate-forme dans ce domaine. Or Allergan détient environ 16 % du marché, avec notamment des produits contre la sécheresse oculaire.
La société dirigée par David Pyott est aussi le numéro un mondial de la médecine esthétique, avec le Botox et des produits contre l'obésité, des implants mammaires et des injectables pour combler les rides. Or Sanofi a récemment poussé ses pions dans ce domaine. Le laboratoire a signé un partenariat avec Anteis afin que cette entreprise suisse lui fournisse de l'acide hyaluronique, un produit de comblement, pour compléter sa gamme Sculptra, à base d'acide L-polylactique.
Opération amicale
Enfin, les deux dirigeants se connaissent bien et évoquent, lors de leurs rencontres, leurs attaches familiales dans la même région reculée d'Allemagne, ce qui plaide en faveur d'une opération amicale. Au cours de la cinquantaine d'opérations menées en un peu plus d'un an et demi, Chris Viehbacher n'est pas vraiment apparu comme un adepte des OPA hostiles.
Peu après son arrivée, le dirigeant a défini cinq piliers de croissance - vaccins, pays émergents, diabète, santé grand public et nouveaux produits -destinés à compenser la perte annoncée de chiffre d'affaires en raison de la concurrence des génériques. Pas moins de 33 partenariats ou acquisitions ont été signés dans ces différents domaines l'an dernier, pour 6,6 milliards d'euros. Merial, dans la santé animale (4 milliards de dollars) et Chattem (1,9 milliard), dans les médicaments sans ordonnance, ont été les plus importantes.
« Nous évaluons le programme de dépenses à 30 milliards d'euros sur la période 2009-2011. Sanofi-Aventis, qui a racheté des actions au printemps, a pris un peu de retard récemment. J'attends donc qu'il réalise au second semestre des acquisitions plus importantes qu'au premier », explique Philippe Lanone, analyste chez Natixis. Avec une dette limitée à 4,5 milliards d'euros à fin mars et une capacité à générer plus de 8,5 milliards de flux de trésorerie par an, le laboratoire a les moyens de ses ambitions.
LAURENCE BOLLACK
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