|
Le groupe allemand Merck, qui a renforcé son pôle chimie au printemps en rachetant Millipore, pour 5,3 milliards d'euros, ne néglige pas pour autant sa branche pharmacie, Merck Serono. Basée à Genève, celle-ci représente l'essentiel de l'activité, avec 5,3 milliards de ventes en 2009, sur un total de 7,7 milliards. Et le laboratoire suisse se fixe un objectif ambitieux : passer de la treizième place mondiale à une position de leader d'ici à 2015 dans le traitement du cancer.
Le moyen d'y parvenir ? Allonger la liste des maladies pour lesquelles son anticancéreux vedette, Erbitux, est recommandé. Le médicament, qui a réalisé près de 700 millions d'euros de ventes en 2009 (en hausse de 23 % sur 2008), est actuellement destiné aux patients atteints d'un cancer colorectal métastasé et à ceux souffrant d'un cancer de la tête et du cou. A l'avenir, il pourrait par exemple être utilisé pour traiter les cancers gastriques, ce qui permettrait de prolonger son brevet, valide jusqu'en 2014. « Nous travaillons également sur un vaccin thérapeutique, le Stimuvax, qui stimulerait le système immunitaire pour qu'il puisse reconnaître et cibler les cellules cancéreuses », explique Bruno Osterwalder, responsable de l'oncologie.
Perte de brevet
Désormais totalement recentré sur l'innovation, depuis la cession de ses médicaments génériques à l'américain Mylan, Merck Serono a abandonné les recherches sur le diabète. En plus du traitement contre le cancer, le laboratoire tire aussi sa croissance des pathologies neurodégénératives comme les maladies d'Alzheimer, de Parkinson et la sclérose en plaques.
Merck Serono est déjà un des leaders mondiaux du traitement de la sclérose en plaques avec Rebif, premier produit de l'entreprise, qui a réalisé 1,5 milliard d'euros de ventes l'an dernier. Mais ce produit perdra la protection de son brevet cette année en Europe et en 2012 aux Etats-Unis. « Nous ne redoutons pas vraiment la compétition des génériques, car il s'agit d'un produit de biotechnologie difficile à copier », indique Roberto Gradnik, le spécialiste des maladies neurodégénératives au sein de la société. « Nous sommes déjà leader en dehors des Etats-Unis, notre objectif est maintenant d'être premier sur le territoire américain », précise-t-il.
Pour prolonger la vie de ce produit, Merck explore de nouvelles indications, comme les phases très précoces de la maladie. Les résultats des dernières études cliniques avant commercialisation sont attendus début 2011. Le labo planche aussi sur un traitement oral, la Cladribine, pour laquelle un avis est attendu au troisième trimestre en Europe. Les Etats-Unis ont refusé d'approuver le produit, mais un nouveau dossier a été déposé le mois dernier.
Merck Serono ne fournit pas de prévisions de chiffre d'affaires. En France, première filiale européenne, les ventes devraient être stables cette année, à 520 millions d'euros.
L. BO, À GENEVE
Tous droits réservés (2010) LES ECHOS
|