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Current entry  Servier prend le virage des biotechnologies
Le laboratoire indépendant français va consacrer 50 millions d'euros sur cinq ans à l'extension de son site de recherche de Croissy-sur-Seine, dans les Yvelines. Après un tassement en 2009, les ventes doivent repartir à la hausse cette année...01/07/10


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Servier va de l'avant, à l'image de son président-fondateur, Jacques Servier, qui, à quatre-vingt-huit ans, vient de se remarier. Le premier laboratoire indépendant français prend le virage des biotechnologies, en investissant en région parisienne. Le groupe a annoncé hier qu'il consacrait 50 millions d'euros sur cinq ans à l'extension de son site de recherche de Croissy-sur-Seine (Yvelines). 

« Chaque année, nous dépensons près de 25 % de notre chiffre d'affaires mondial en recherche et développement, le double de la moyenne du secteur. En France, ce taux atteint même les 80 % du chiffre d'affaires réalisé par Servier en raison du maintien dans l'Hexagone de l'essentiel de nos équipes de recherche » , rappelle Jacques Servier.

Le site de Croissy vise à doter l'entreprise des principaux outils biotechnologiques nécessaires à la découverte de nouveaux médicaments : plate-forme d'ingénierie cellulaire, de bio-informatique moléculaire incluant notamment la génomique, création de nouveaux modèles animaux, etc. Car Servier ne possède encore aucun médicament de biotechnologie. 

Or ces produits issus du vivant, et non plus de la synthèse chimique, sont de plus en plus utilisés. « L'industrie des biotechnologies représente une niche de croissance. Plus de 325 millions de patients ont bénéficié de thérapies issues des biotechnologies et des thérapies génétiques, pour le traitement ou la prévention de l'infarctus, de la sclérose en plaques, du cancer du sein, de la leucémie, du diabète et de nombreuses autres maladies » , notent les analystes de Pictet.

 

Perte de brevet

Sur les 37 projets de recherche menés actuellement par Servier, plusieurs correspondent à des produits biotechnologiques dans les domaines du cancer, du diabète, des pathologies cardio-vasculaires et de la maladie d'Alzheimer. Ces candidats-médicaments vont bientôt entrer en phase clinique et ils pourraient arriver sur le marché dans sept à huit ans.

A plus court terme, le groupe compte 18 projets en développement, dont deux en phase III d'essais cliniques, la dernière avant commercialisation : un traitement de l'insuffisance cardiaque et un comprimé contre le diabète de type 2 (lié à l'obésité). De quoi regagner du chiffre d'affaires, après le tassement observé l'an dernier, à 3,6 milliards d'euros contre 3,7 milliards en 2008. Servier a en effet pâti de la perte de brevet de certains de ses produits matures, comme le Vastarel utilisé en cardiologie et l'antihypertenseur Coversyl, désormais concurrencés par les génériques. Il a également fait les frais de la crise et des variations de change, en particulier celles du rouble et des monnaies sud-américaines.

Le groupe de 22.000 personnes estime néanmoins être parvenu à redresser la barre et les ventes devraient approcher les 4 milliards d'euros cette année. Les raisons de l'embellie ? La bonne tenue des ventes dans les pays émergents (Chine, Russie, Brésil) et l'amélioration des changes.

Quant aux derniers produits lancés, ils ont connu quelques revers. Protelos contre l'ostéoporose a fait l'objet d'une mise en garde de l'Afssaps en 2007 en raison de cas d'allergies graves, ce qui a pesé sur ses ventes. Procoralan, en cardiologie, est destiné à une population limitée. L'antidépresseur Valdoxan, lui, est disponible en France depuis quinze jours, mais son efficacité ayant été jugée « modeste », les pouvoirs publics lui ont accordé un prix limité, le plus faible d'Europe. Ce dernier produit est commercialisé par Novartis aux Etats-Unis. Pour les deux autres, Servier cherche des partenaires sur le territoire américain et au Japon.

 

LAURENCE BOLLACK

Tous droits réservés (2010) LES ECHOS

Source
Les Echos
Date de publication
01/07/10
 Thèmes
  Industrie

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