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Dans un marché en consolidation, mieux vaut faire partie des chasseurs que des proies. Pour Ceva Santé Animale, qui a déjà beaucoup crû par croissance externe, une dizaine d'acquisitions depuis dix ans et un chiffre d'affaires passé de 120 millions d'euros en 2000 à 400 millions d'euros l'an dernier, l'adage est plus que jamais d'actualité. La société basée à Libourne, jadis dans le giron de Sanofi, vient de lever 100 millions d'euros auprès de Sagard, qui prend ainsi 25 % du capital de l'entreprise. Créé à l'initiative de la famille Desmarais, ce fonds a déjà réalisé 17 investissements, notamment dans Kiloutou ou encore l'entreprise de matériel ferroviaire Faiveley.
« Le fonds investit sur trois critères principaux, un management de qualité, un projet industriel ambitieux et une volonté de croissance. C'est exactement le cas de Ceva avec une équipe dirigeante qui présente un bilan exceptionnel », résume Antoine Ernoult-Dairaine, associé de Sagard. Le management de Ceva remet d'ailleurs 15 millions d'euros dans l'entreprise aux côtés des actionnaires actuels (Natixis Private Equity et Ixen et Euromezzanine), qui réinvestissent 60 millions d'euros supplémentaires, les salariés de cette entreprise qui a fait l'objet de trois LBO successifs gardant la majorité du capital.
Consolidation du secteur
Et la course à la croissance devrait rapidement reprendre pour Ceva qui emploie 2.300 personnes dans le monde dont 700 au total en France avec une usine à Libourne et une autre en Bretagne, à Loudéac. Elle avait arrêté ses acquisitions avec la crise au second semestre 2008. « Grâce à notre capacité d'endettement, nous pouvons mobiliser au total environ 300 millions d'euros », estime Marc Prikazsky, le président-directeur général à la tête du groupe depuis sa cession par Sanofi en 1999. Car le secteur devrait se consolider, les grands de la pharmacie, à la peine avec leurs activités traditionnelles, commençant à trouver un certain intérêt à ce marché. Par ailleurs, les fusions, comme celle de Merial et Intervet, donnant naissance au numéro un mondial de la santé animale, vont entraîner des cessions d'actifs. Aujourd'hui numéro huit mondial, Ceva, qui réalise 12 % de son activité en France et 50 % en Europe, a pour ambition d'entrer dans le Top 5 et d'atteindre le milliard d'euros de chiffre d'affaires à l'horizon 2015-2017.
Si Ceva est positionné sur deux marchés avec d'un côté les vaccins pour volailles, porcs et ruminants et de l'autre les médicaments pour animaux, l'entreprise entend clairement se développer sur le premier. « La biologie représente aujourd'hui 25 % de notre activité et la pharmacie 75 %. L'idéal serait d'arriver à 50-50 », explique Marc Prikazsky.
FRANK NIEDERCORN
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