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La région Picardie veut structurer la filière cosmétique-pharmacie. S'inspirant des méthodes de travail existantes au sein des pôles de compétitivité, le conseil régional entend développer la mise en réseau des acteurs, favoriser les rapprochements entre sous-traitants et faciliter les collaborations entre entreprises et centres de recherche. Sans labellisation officielle, cette logique de « cluster » vise également à conforter le développement des entreprises historiquement présentes en Picardie. D'autant que certaines y ont récemment renforcé leurs positions. Il y a deux ans, le groupe de luxe Chanel a, par exemple, recentré ses activités dans la région, devenue « son centre mondial pour l'ensemble des produits de parfumerie, de soins et de maquillage », comme le souligne René Anger, directeur de cabinet du président de région. Après avoir acquis Yves Saint Laurent Beauté en 2008, le groupe L'Oréal y a, quant à lui, créé un « pôle européen d'excellence industrielle », comprenant notamment un centre logistique international de 40.000 m 2 .
Monter en qualité
« Les acteurs de la filière sont traditionnellement très discrets sur leurs activités. Cependant, l'affirmation des questions de santé-sécurité ou de respect de l'environnement pousse les marques à communiquer sur leurs pratiques industrielles. Ces facteurs militent pour que nous organisions une montée en qualité chez les sous-traitants de la filière », poursuit René Anger
Pour y parvenir, la région s'est offert les services d'un spécialiste du secteur en la personne de Dominique Vautier. Cet ancien cadre de Sanofi a notamment dirigé l'usine Yves Saint Laurent de Lassigny, avant de conduire le regroupement des productions Chanel dans l'Oise. Selon lui, les premiers contacts pris avec les donneurs d'ordre se sont « révélés positifs » et ont permis de « mettre en lumière certaines actions prioritaires à mener en ce qui concerne l'automatisation des lignes de production des entreprises sous-traitantes, ainsi que la formation de leurs salariés » . Concrètement, ces réflexions pourraient se traduire, à terme, par la création d'un centre de transfert de technologie et par la mise en oeuvre d'un contrat de filière. En Picardie, le secteur de la pharmacie-cosmétique représente quelque 10.000 emplois, dont 6.000 directs.
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