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En matière de diabète, la roche Tarpéienne est proche du Capitole. Toute annonce concernant cette maladie en forte progression suscite des réactions à la mesure de la taille du marché. Sanofi-Aventis, Ipsen et Roche en ont fait les frais vendredi.
Sanofi-Aventis a ainsi perdu jusqu'à 7,2 % dans la matinée, après des inquiétudes sur son insuline Lantus, devenue l'an dernier le premier produit du groupe avec plus de 3 milliards d'euros de ventes. Les courtiers londoniens Hobart Capital Market ont en effet relayé une étude italienne parue dans la revue « Diabetes Care », portant sur 1.533 patients, selon laquelle les malades sous Lantus présenteraient un risque accru de cancer. Une étude toutefois contestée par l'entreprise. « Cette nouvelle étude épidémiologique présente des carences méthodologiques. Le nombre de patients cancéreux est surreprésenté et les ajustements statistiques en sont absents. Ce n'est qu'une étude non conclusive supplémentaire » , explique Pierre Chancel, le patron de l'activité diabète chez Sanofi-Aventis.
Le champion tricolore de la pharmacie avait connu une alerte du même type il y a un an, et son titre avait perdu en Bourse plus de 12 % en deux jours, avant que des experts n'invalident les analyses en question. Depuis, il conduit un ensemble de trois études, incluant plus de 1 million de patients, aux Etats-Unis et en Europe. Leurs résultats sont attendus entre 2011 et 2014.
Ipsen a souffert davantage. En Bourse, le groupe contrôlé par la famille Beaufour a chuté de plus de 15 %, après que son partenaire Roche a annoncé un retard sur le taspoglutide.
Effets secondaires
Cette molécule est actuellement en phase III d'études cliniques, la dernière avant la commercialisation, mais aussi la plus coûteuse pour les laboratoires. Le taspoglutide est issu de la recherche d'Ipsen, mais développé par Roche. Ce traitement du diabète ne nécessiterait qu'une injection hebdomadaire contre une piqûre par jour pour le Victoza de Novo Nordisk et deux par jour pour le Byetta d'Eli Lilly. Mais son administration a entraîné davantage d'effets secondaires (réactions cutanées, symptômes gastro-intestinaux, cardio-vasculaires et respiratoires) qu'attendu. En conséquence, Roche a décidé de revoir la façon dont il mène ses études, ce qui va entraîner un retard de douze à dix-huit mois dans le développement du produit.
Une décision sanctionnée par le marché, qui a également fait perdre 4 % à l'action du laboratoire bâlois. Le retard pris par le taspoglutide a conduit les analystes à revoir leurs prévisions. Pour Rodolphe Besserve, de la Société Générale, ce contretemps pèsera à hauteur d'environ 5 % sur le résultat d'exploitation et le bénéfice par action d'Ipsen en 2011 et de 10 % en 2012 et 2013.
L. BO.
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