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Le groupe américain a, en effet, annoncé que son mariage avec son compatriote Schering-Plough allait affecter 800 emplois en France, sur des effectifs d'environ 4.000 personnes. Les usines d'Hérouville Saint-Clair (Calvados), Riom (Puy-de-Dôme) et du Puy-en-Velay (Haute-Loire) seront préservées, tout comme la production d'insuline à Eragny-sur-Epte (Oise). Mais, pour ce dernier site, la direction cherche un repreneur pour sa production pharmaceutique classique. Dans le domaine de la recherche, sur les deux centres de recherche de Riom, seul celui de Merck sera conservé. Au final, ce sont les sièges sociaux et la visite médicale qui paieront le plus lourd tribut. « Les agences régionales de santé, créées dans le cadre de la loi hôpital patients santé territoires, obligent à redéfinir la sectorisation. Pour les entreprises, c'est l'occasion de régionaliser leurs structures » , explique Claude Allary, du cabinet Bionest Partners.
Les génériques, une opportunité
Plutôt que de crise de l'emploi, le Leem préfère parler de mutation, notamment vers les biotechnologies et le façonnage, un secteur qui emploie environ 10.000 personnes dans l'Hexagone. « Nous resterons à l'étiage d'environ 100.000 emplois, sachant que les restructurations continueront aussi longtemps que la totalité du réservoir de blockbusters ne sera pas "génériquée" » , prévoit Christian Lajoux. De fait, la production de médicaments génériques constitue une opportunité pour les sous-traitants des laboratoires, puisque ce marché continue à progresser, avec une croissance de 12,4 % l'an dernier. Mais le façonnage est aussi un secteur de plus en plus concurrentiel et deux de ses acteurs, Biophélia et Rottendorf, ont déposé le bilan l'année dernière.
« Avec la crise, certains clients "génériqueurs" ont procédé à des déstockages et nous avons senti un effet sur l'emploi fin 2009. Pour la première fois, il a augmenté moins vite qu'au cours des années antérieures. Tout l'enjeu va consister à conserver en France l'intégralité des volumes » , analyse Sébastien Aguettant, président du SPIS, le syndicat des sous-traitants.
La situation du marché des génériques reste toutefois enviable par rapport à l'ensemble des médicaments, dont la croissance n'a pas dépassé 2,7 % l'an dernier, à 26,9 milliards d'euros. Pour les seuls produits remboursables, la hausse a été limitée à 2,2 %. « Pour les années à venir, la croissance se situera entre 1 et 2 % » , anticipe Christian Lajoux.
L. BO.
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