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Current entry  Israël veut préserver le dynamisme de son secteur de la santé
Ce pays de 7,5 millions d'habitants compte plus de 1.000 sociétés travaillant dans les sciences de la vie. Mais le secteur a souffert de la crise économique, et le nombre de créations d'entreprises baisse depuis cinq ans...18/06/10


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Immense et immaculé, le stand de Teva en impose dès l'arrivée au Salon Biomed, qui a fermé ses portes avant-hier à Tel-Aviv, après trois jours d'intense activité. Une façon, pour la star israélienne de la pharmacie, de rappeler sa place de numéro un mondial des médicaments génériques. Mais le secteur de la santé ne se résume pas à une société finalement devenue une « big pharma ». L'Etat hébreu a vu naître des centaines d'entreprises de biotechnologies, une performance compte tenu de la taille de ce pays de 7,5 millions d'habitants ! « Comme nous sommes trop petits pour représenter un véritable marché, nous avons voulu être un laboratoire mondial », a expliqué lundi Shimon Peres, le président d'Israël, en rappelant qu'Azilect, contre la maladie de Parkinson, était une découverte israélienne. Ce n'est pas la seule. Copaxone et Rebif, deux block-busters contre la sclérose en plaques, sont également issus de la recherche du pays.

 

Trois Prix Nobel de chimie

Globalement, le secteur a cependant souffert de la crise économique : dans la santé, les exportations israéliennes ont reculé de 8 % en 2009, à 6 milliards de dollars, et de 13 % pour les seuls dispositifs médicaux. Les temps sont rudes pour des sociétés comme BrainStorm, qui a survécu de justesse l'an dernier. Autre indicateur inquiétant : le nombre de créations d'entreprises baisse depuis cinq ans, après une phase d'expansion impressionnante. 

Alors qu'Israël comptait moins de 200 entreprises de santé il y a quinze ans, il en dénombrait ainsi plus de 1.000 l'an dernier, dont près de la moitié ont moins de six ans. Les raisons de ce dynamisme, que le pays tente de préserver ? « Une science de très haut niveau couplée à un fort soutien gouvernemental » , selon Dan Zabrowski, responsable des partenariats chez Roche.  

Avec le Technion et l'Institut Weizmann, le pays dispose en effet de centres de recherche académique reconnus mondialement, qui ont engendré récemment trois Prix Nobel de chimie, avec des applications dans la pharmacie. En ce qui concerne l'aide des pouvoirs publics, tout est concentré entre les mains de l'Office of the Chief Scientist (OCS). Via son fonds de R&D, l'OCS aide au financement de projets à hauteur de 50 % des montants requis. « L'OCS reçoit quelque 2.000 demandes par an. Plus de la moitié sont acceptées » , indique Daniel Yogev, de Matimop, l'agence gouvernementale chargée de la coopération internationale, qui a signé un accord avec Oséo.

 

Des cibles de choix 

Par secteur d'activité, les dispositifs médicaux arrivent en tête. Un quart des entreprises de la santé travaillent dans ce domaine, une proportion qui monte à 57 % pour celles qui génèrent déjà du chiffre d'affaires. « En Israël, les jeunes doivent faire leur service militaire. Ils ont l'habitude d'utiliser la miniaturisation, l'optique, les logiciels, l'analyse des signaux, etc., toutes choses que l'on retrouve dans les dispositifs médicaux. Ensuite, lorsqu'ils font leurs études, une partie d'entre eux est naturellement attirée par ces domaines d'activité » , analyse Ruti Alon, associée chez Pitango Venture Capital.

Parmi les entreprises présentes à Biomed figure InSightec, spécialisé dans les ultrasons qui peuvent, dans certains cas, remplacer la chirurgie dans le traitement des tumeurs. La société a déjà vendu 84 systèmes dans le monde (dont un à l'hôpital de Tours), pour 1 à 2 millions de dollars l'unité, et en installe 24 nouveaux chaque année. Le développement d'InSightec, créé en 1999, a nécessité un investissement de 239 millions de dollars, dont 21 millions ont été apportés par l'Etat. Avec General Electric au capital, il est plutôt bien loti, tout comme CureTech, spécialisé dans le cancer, et dans lequel Teva a choisi d'investir.

D'autres sociétés représentent des cibles de choix. L'an dernier, Medtronic n'a pas hésité à mettre 325 millions de dollars sur la table pour acquérir Ventor, et Alcon a dépensé 170 millions pour prendre le contrôle d'Optonol.

 

LAURENCE BOLLACK, À TEL-AVIV

Tous droits réservés (2010) LES ECHOS

Source
Les Echos
Date de publication
18/06/10
 Thèmes
  Industrie

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