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Pour Chris Viehbacher, Israël ressemble à un magasin de bonbons. « Nous n'avons pas encore de partenariat avec des sociétés israéliennes mais il y a ici de quoi faire son shopping ! » , s'exclame le directeur général de Sanofi-Aventis, venu pour rencontrer des entreprises spécialisées dans le cancer, l'ophtalmologie ou la médecine régénérative. Depuis son arrivée à la tête du groupe il y a un an et demi, le patron du quatrième laboratoire mondial a remis à plat la recherche en l'ouvrant davantage sur l'extérieur afin de gagner en productivité. Et le champion tricolore de la pharmacie, qui a conclu 33 opérations l'an dernier (partenariats et acquisitions), ne compte pas s'arrêter là.
« Deux tiers de nos coûts sont des coûts fixes. Il faut que cette proportion ne dépasse pas 50 %, ce qui veut dire que la moitié de notre recherche doit se faire en interne et la moitié via d'autres sociétés » , précise le dirigeant. Les entreprises israéliennes sont aussi particulièrement actives dans les dispositifs médicaux (lire ci-dessus), un domaine dans lequel le groupe souhaite se renforcer.
Pompes à insuline
« L'accord signé il a six mois avec le California Institute of Technology et celui conclu le mois dernier avec le MIT participe de la même logique » , rappelle Marc Cluzel, le patron de la recherche. Au-delà de ces partenariats académiques, il s'agit de réitérer des unions comme celle conclue en mars avec la biotech américaine AgaMatrix dans le domaine des lecteurs de glycémie pour les diabétiques, dont les premiers produits doivent arriver sur le marché avant la fin de l'année. « Nous n'excluons pas d'aller vers les pompes à insuline et les services comme l'éducation des patients. Des orientations similaires sont aussi envisageables en oncologie » , explique Chris Viehbacher. En matière d'oncologie, le groupe a vu par ailleurs hier Jevtana, traitement des cancers de la prostate, approuvé par la FDA américaine.
Sanofi-Aventis, qui veut ravir au danois Novo Nordisk sa place de numéro un mondial du diabète, est conscient qu'il n'y parviendra pas par la seule commercialisation des insulines Lantus et Apidra. Environ la moitié du chiffre d'affaires de Lantus, devenu l'an dernier le premier produit du groupe avec plus de 3 milliards d'euros de ventes, est d'ailleurs déjà réalisé grâce aux dispositifs médicaux associés. L'idée est désormais d'aller plus loin en utilisant les technologies mobiles, et en équipant par exemple un stylo à insuline nommé « SoloStar » de la technologie Bluetooth. Pierre Chancel, le patron de la division diabète, plaide ainsi pour une « connectivité ininterrompue entre le diagnostic, le traitement et le contrôle ».
Le groupe, qui a annoncé l'an dernier sa volonté d'économiser 2 milliards d'euros d'ici à 2013, restera toutefois vigilant sur les dépenses. Dans le domaine de la recherche, il s'agit d'éviter les échecs en phase III d'essais cliniques, les plus coûteuses puisqu'elles engloutissent généralement plusieurs centaines de millions de dollars. « Je souhaite que nous prenions plus de risques dans les premières phases de recherche et moins dans les phases de développement » , tranche Chris Viehbacher. Parmi les nombreuses entreprises que le groupe a rencontrées à Tel-Aviv, BrainStorm Cell Therapeutics correspond à ce critère. La biotech de Petah Tikva, spécialisée dans les cellules souches, espère voir son traitement de la sclérose latérale amyotrophique démarrer cette année sa première phase d'études cliniques. Les cellules souches suscitent d'autant plus l'intérêt du leader français qu'il veut investir le champ de la médecine régénérative. Une unité spécialisée dans ce domaine a été mise en place il y a six mois.
L. BO.
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