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Moins d'un mois après avoir annoncé qu'il allait « très probablement » marier les activités de Sanofi-Aventis dans la santé animale avec celles de Merck Schering-Plough, Chris Viehbacher joint le geste à la parole. Le directeur général du laboratoire tricolore et Richard Clark, le PDG du groupe américain, ont indiqué hier qu'ils allaient regrouper Merial (les médicaments vétérinaires de Sanofi) et Intervet (la filiale de Schering-Plough) au sein d'une nouvelle entité détenue à parité.
« Nous serons plus forts à deux, qu'il s'agisse des activités de recherche ou de promotion des produits. Et il est toujours préférable d'être leader dans une activité » , explique Chris Viehbacher. Le nouvel ensemble se hissera au premier rang du secteur, avec un chiffre d'affaires combiné de 5,3 milliards de dollars (2,6 milliards provenant de Merial et 2,7 milliards issus d'Intervet), loin devant les 3,7 milliards de dollars de Pfizer, le numéro un mondial du secteur.
Avec plus du quart du marché, un tel mastodonte risque toutefois de poser des problèmes de concurrence et des cessions sont à prévoir. Mais les deux groupes préfèrent rappeler leur complémentarité. Merial est davantage présent sur le segment des animaux de compagnie avec par exemple son antiparasitaire Frontline, le seul « blockbuster » de la santé animale, avec des ventes annuelles de l'ordre du milliard de dollars. Intervet, lui, est surtout présent dans les animaux de production, avec des vaccins destinés aux volailles comme Nobilis ou aux porcs avec la marque Circumvent. « Les complémentarités sont également géographiques, la force d'Intervet résidant en Europe et celle de Merial davantage en Amérique du Nord et au Brésil » , précise Richard Clark.
Les deux groupes veulent ainsi tirer parti de la croissance du marché : évalué à 19,2 milliards de dollars en 2008 (dont 40 % pour les animaux de compagnie), il doit progresser de 5 % par an d'ici à 2014. A cela plusieurs facteurs : augmentation de la population mondiale, hausse de la consommation de viande dans les pays émergents, croissance du marché des chiens et chats à la faveur du vieillissement de la population, etc. « On observe aussi de plus en plus de pathologies comme le diabète, l'obésité ou l'arthrite chez les animaux » , relève le patron de Merck. Les laboratoires cherchent aussi à compenser les baisses attendues de chiffre d'affaires dans la santé humaine, à cause de l'arrivée des médicaments génériques.
« A l'inverse du marché de la pharmacie de 773 milliards de dollars, la santé animale et ses 19 milliards présente moins de risques. Le phénomène d'expiration des brevets y existe aussi, mais les fabricants de produits génériques sont moins agressifs » , explique Britta Holt, analyste chez Fitch Ratings.
Groupes partenaires
Similaires par la taille, les deux entreprises ont été valorisées à 8 milliards de dollars pour Merial et à 8,5 milliards pour Intervet. Pour détenir 50 % de la nouvelle entreprise commune, Sanofi versera donc à Merck un « paiement d'équilibre » de 250 millions de dollars. Il paiera aussi au groupe américain un montant additionnel de 750 millions de dollars. « Nous avons accepté de le payer pour finaliser l'opération, estimant que Merck avait probablement plusieurs autres propositions » , explique Chris Viehbacher. Cette prime avait été négociée dès juillet 2009, lorsque les deux groupes ont revu leurs accords. A l'époque, Sanofi a pris le contrôle total de Merial en acquérant pour 4 milliards de dollars les 50 % que Merck devait céder pour fusionner avec Schering-Plough.
Reste à chiffrer les synergies et à organiser la nouvelle entité. Un exercice auquel n'ont voulu se plier ni Sanofi ni Merck, l'estimant prématuré. Elles devraient être plus disertes à la clôture de l'opération, prévue d'ici à un an.
LAURENCE BOLLACK
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