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Créé en 1977 à Tourcoing pour fabriquer des poches de sang, Macopharma s'est diversifié plus tardivement, en se lançant dans la production de poches de perfusion en 1995, puis de masques respiratoires en 2005. Cette activité, développée pour répondre au risque de pandémie de grippe aviaire, avait été mise en sommeil avant que l'apparition de la grippe A ne la réveille en mai dernier. De neuf personnes, l'effectif qui lui était dédié est passé à 180 collaborateurs au plus fort de l'alerte, en décembre dernier, avant de retomber à 152 aujourd'hui.
« Nous sommes passés de 90.000 à 4 millions de masques produits par semaine, un rythme qui va doucement diminuer tout au long de 2010 », indique Ronald Delagrange, directeur général de Macopharma. Ces masques ayant une durée de vie de cinq ans, leur stock doit être renouvelé régulièrement. « Nous avons cherché un moyen pour pérenniser cette activité entre deux pandémies et proposé de les recycler en rachetant les masques périmés », explique le dirigeant.
La seconde vie des masques
Macopharma vient de signer un partenariat avec Flandre Ateliers, entreprise adaptée basée à Tourcoing qui emploie 290 personnes, handicapées en majorité, pour démonter les masques, qui seront en partie recyclés pour confectionner des charlottes ou des blouses médicales. Le procédé mis au point avec le pôle de compétitivité Uptex, dédié aux textiles techniques, devrait être exploitable d'ici à deux mois. Ces masques, jusque-là incinérés, trouveront une seconde vie. « Le prix de vente du masque est ainsi réduit de presque un tiers, du coût lié à sa destruction. Le client peut en outre le déduire de sa contribution à verser à l'Agefiph, au titre de l'emploi de personnes handicapées », ajoute Ronald Delagrange.
L'entreprise qu'il dirige a été créée par la famille Vandeputte-Marchand, issue de l'industrie textile. Elle est détenue depuis 1995, à titre personnel, par Gérard Mulliez (fondateur d'Auchan) et son frère Patrick (fondateur de Kiabi), qui l'ont développée à l'international. Elle vend aujourd'hui dans douze pays. Le chiffre d'affaires, passé de 137,9 millions d'euros en 2008 à 160 millions en 2009, devrait atteindre 175 millions cette année. Les poches de transfusion en représentent plus de la moitié (57 %), contre 29 % pour celles de perfusion, 11 % pour les masques et 3 % pour la bio-thérapie.
La société consacre 6 % de son chiffre d'affaires à la recherche-développement, laquelle emploie 45 personnes. L'effectif a crû de façon exponentielle depuis quinze ans, atteignant 2.400 personnes, dont 300 en CDD répartis sur cinq sites industriels, dont trois usines dans la métropole lilloise, une en Pologne et une en Tunisie (150 personnes).
NICOLE BUYSE
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