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Les ambitions du spécialiste lyonnais des tests de diagnostic pour les six prochains exercices fiscaux ? Voir son chiffre d'affaires progresser à un rythme annuel compris entre 7 % et 9 %, tout en améliorant la rentabilité. La marge opérationnelle courante doit se situer à cet horizon entre 18 % et 20 % des ventes, contre 17 % à 18 % en 2010 et 17,4 % l'an dernier.
Car, dans le contexte économique particulièrement dégradé de 2009, la société a fait mieux que résister. Son activité a progressé de 10,2 %, à 1,2 milliard d'euros, notamment grâce à la grippe A (H1N1), qui a accru de 18 millions les ventes de tests et de systèmes correspondants. Le groupe présidé par Alain Mérieux a en outre été soucieux de maîtriser ses coûts, par exemple en rationalisant ses implantations. Les activités du site néerlandais de Boxtel ont été arrêtées l'an dernier, et les unités de Solna en Suède et de Toronto au Canada seront fermées cette année. Des éléments qui ont permis d'accroître de 14 % le résultat opérationnel courant, à 213 millions d'euros, et le profit net, à 148 millions.
Après la bonne performance réalisée en termes de ventes l'an dernier, bioMérieux affiche une certaine prudence pour l'exercice en cours, avec une progression estimée aux alentours de 7 %. « En biologie moléculaire, le dernier trimestre 2009 a été excellent, avec un pic fin novembre notamment en ce qui concerne les tests liés à la grippe pandémique. Nous anticipons donc un retour de bâton au cours des trois premiers mois de 2010 » , explique Stéphane Bancel, le directeur général de bioMérieux.
A plus long terme, ce segment est néanmoins porteur, avec une croissance du marché évaluée à 10 %, liée aux besoins de l'oncologie et à la progression des infections nosocomiales. « Il est inadmissible que des patients décèdent encore de septicémie en 2010 parce que la lecture de leurs tests n'aura pas été assez rapide » , estime Stéphane Bancel, qui juge trop faible la part de marché de bioMérieux dans ce secteur. La biologie moléculaire, qui ne représente que 6 % des ventes du groupe, est en outre un domaine risqué : l'entreprise vient d'arrêter sa collaboration avec la société de biotechnologie ExonHit dans le dépistage du cancer du côlon en raison des mauvais résultats obtenus.
Leader en microbiologie
Le groupe veut par ailleurs conforter sa place de leader de la microbiologie, un secteur qui représente la moitié de ses ventes et où sa part de marché est passée de 30 % en 2006 à 40 % l'an dernier, en avance sur son objectif initialement fixé à 2012. BioMérieux compte y parvenir en lançant de nouveaux produits, comme l'outil Myla qui permet de gérer les données complètes d'un laboratoire à partir d'un BlackBerry ou d'un iPhone. Le groupe veut aussi continuer à investir 12 % de son chiffre d'affaires dans des pays porteurs comme les Etats-Unis et la Chine. La filiale chinoise figure désormais en sixième position, devant le Royaume-Uni, et doit se hisser au troisième rang à l'horizon de 2015.
LAURENCE BOLLACK
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