|
En dépit d'un exercice 2009 morose, l'optimisme est de rigueur chez Diagast. L'entreprise lilloise, spécialiste mondiale des tests de groupage sanguin, a réalisé un chiffre d'affaires de 22 millions d'euros en recul de 6 %, mais a réussi à améliorer sa rentabilité de 50 %, grâce à une maîtrise très forte de ses dépenses.
Diagast a souffert l'an dernier de la crise, qui a entraîné de grosses difficultés de financement de nombreux clients à l'étranger, comme en Grèce. Mais il a compensé partiellement ce handicap avec une progression d'activité en France (+ 4 %) et par la mise en place d'un nouveau « business model » : « Au lieu de vendre la machine, nous la finançons nous-mêmes et nous la louons » , explique Yves Barbreau, PDG de la filiale à 100 % de l'établissement français du sang. Ce mécanisme, déjà en place en Turquie, va être démultiplié en 2010.
Une première unité au Brésil
Diagast mise sur une progression de 16 % de ses ventes et une véritable envolée de son chiffre d'affaires à l'export (+ 68 %). L'entreprise fonde ces espoirs sur la dernière version de son automate d'analyses Qwalys 3, breveté en 2005 et constamment amélioré depuis, tant à travers une nouvelle génération de réactifs que par un lecteur plus performant ou un logiciel très facile d'utilisation. La société a par ailleurs triplé ses capacités de production de réactifs en deux ans, en investissant 300.000 euros dans trois nouveaux cytoculteurs pour la production cellulaire. Elle va également se doter d'unités de productions spécifiques dans plusieurs pays dont l'éloignement exige une production locale, compte tenu des courts délais de péremption. Après une première unité au Brésil, deux autres sont prévues en Australie et au Mexique cette année, tandis que l'enregistrement du Qwalys ouvrira le marché chinois. Diagast attend en outre un très important relais de croissance aux Etats-Unis à l'horizon de 2012. La société mobilise une « task force » de 20 personnes sur ce projet stratégique. En attendant, l'expansion de Diagast et son nouveau modèle économique de préfinancement des machines génère d'importants besoins en capitaux. Yves Barbreau souligne la forte capacité d'endettement de l'entreprise et n'écarte pas l'option d'une ouverture du capital. « Nous n'excluons aucune hypothèse » , indique-t-il aux « Echos ».
OLIVIER DUCUING
Tous droits réservés (2010) LES ECHOS
|